Baisse des cours de cacao

Les opérateurs de la filière en conclave pour la sortie de crise

 

Une série de réunions de concertation entre tous les opérateurs de la filière cacao regroupés en collège qui composent l’Interprofession (producteurs, usiniers acheteurs et conditionneurs, transformateurs et exportateurs), mais aussi des organes d’encadrement de la filière tels l’ONCC, la SODECAO, le FODECC, la CAPEF, et l’IRAD se tiennent depuis le 10 Mai 2017 dans la salle de réunions du Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café. Objectif, trouver la meilleure solution de sortie de crise face à la baisse des prix du cacao sur le marché international, afin se prémunir contre ses effets pervers sur le plan socioéconomique et pour garder l’ensemble des parties prenantes de la filière motivées.

 

 

Cette plateforme de concertations fait suite à l’instruction du Ministre du Commerce M. Luc Magloire Mbarga Atangana, à l’Interprofession du cacao et du café. D’organiser une série de concertations avec tous les opérateurs de la filière, aux fins de proposer à très court terme, des propositions et actions concrètes à mettre en œuvre pour juguler la crise de la baisse des prix dans la filière cacao.

Une réflexion concertée qui devrait logiquement emmener les acteurs de la filière cacao à adresser efficacement les problématiques relatives aux risques auxquels la filière est exposée compte tenu de la situation qui prévaut. Ces assises déboucheront également sur des mesures urgentes à mettre en œuvre concernant la qualité, le renforcement des capacités des organisations de producteurs, l’organisation de la commercialisation interne, et la compétitivité économique de la filière cacao.

Une étude diagnostique profonde et ciblée dont la synthèse des discussions permettra d’explorer différentes solutions de sortie de crise. Il est donc permis d’espérer la mise sur pied d’un véritable plan « Marshall » conduisant à la re-dynamisation de la filière, et à son équilibre.

 

 

Au menu de cette succession de réunions et d’échanges, la présentation de la situation qui prévaut, les responsabilités directes des acteurs concernés comme des autres parties prenantes, et l’examen des mesures proposées pour adresser cette situation d’urgence. Synthétisées dans un « livre blanc » Ces propositions feront l’objet d’une séance de travail avec le Ministre du Commerce début juin pour appréciation, puis transmis aux instances décisionnelles supérieures pour formalisation et mise en oeuvre.

Pour mémoire, les premières prévisions de l’OIC (l’Organisation Internationale du Cacao) indiquaient un excédent substantiel de l’offre du cacao sur le marché au courant de la campagne 2016-2017, qui reflète une progression de la production mondiale de près de 15 % par rapport à la campagne précédente (plus 587 000 tonnes), à 4,552 millions de tonnes. Une hausse de production du cacao qui a significativement impacté les prix, en baisse. Après la baisse de décembre 2016, le mois de février 2017 vient à nouveau de montrer la mauvaise santé du marché mondial du cacao, une baisse estimée à 40% sur le marché international. Rappelons qu’en 2015, le prix du cacao se portait plutôt bien. Selon Laurent Pipitone, le Directeur de la Division économie et statistiques de l’OIC, « le cacao a été parmi les produits agricoles (sinon, le produit agricole) dont le prix s’est le mieux porté sur les marchés mondiaux » à cette période. Au Cameroun, cette baisse rigoureuse de prix vient s’ajouter à un différentiel négatif important, appliqué quasi systématiquement à l’origine soit : – 200 à 250 Fcfa/Kg depuis près de 3ans. Au regard de cette réalité, l’urgence d’insuffler une nouvelle dynamique s’impose à la filière cacao, et c’est l’objet précisément de ce livre blanc.

 

Mme NGONE Mariama