Le cacao

Historique

Le Cameroun est un État situé dans la partie centrale de l’Afrique. L’une des ressources naturelles qui constitue une ressource importante de son économie est le cacao. Le cacao a été introduit au Cameroun à la fin du XIXème siècle (vers 1818) par les allemands. Les premières semences sont importées d’Amérique latine, des Antilles et de Sao-Tomé et Principe. Après les deux guerres mondiales, les plantations allemandes sont mises sous séquestre puis nationalisées par l’administration britannique. Ces plantations nationalisées sont placées sous les soins de la CDC (Cameroon Development Corporation). La culture du cacao s’est considérablement développée au fil des décennies. Dans les années 60, 75% des recettes douanières provenaient de l’exportation du cacao. Aujourd’hui, 600 000 producteurs et près de 8 millions de personnes vivent directement ou indirectement de l’économie cacaoyère. Si les principales zones de production se situent dans les Régions du Sud-Ouest, du Centre et du Sud, 07 des 10 Régions camerounaises cultivent le cacao sur près de 400 000 ha.

La plante

Le cacaoyer (Théobroma cacao L.), encore appelé « nourriture des dieux », de la famille des sterculiacées est une plante tropicale cultivée pour ses fèves dont on extrait la poudre et le beurre de cacao. Il peut atteindre 10 m de hauteur. Dans les plantations, il est taillé afin de ne pas dépasser 2-3 m pour faciliter son exploitation. Il existe trois principales variétés de cacao : « Forastero », des cabosses vertes qui prennent la couleur jaune et parfois rouge à maturité, « Criollo », plus recherchée et plus chère, dont les cabosses à maturité sont rouges ou rouge-oranges, Et « Trinitario », qui est un hybride des deux variétés précédentes. Le cacaoyer peut vivre environ plus de 70 ans dont une trentaine d’année de pleine production. Sa nouaison (formation des fruits) a lieu vers la 3ème année, ceci en fonction de la variété, du système de production, …. Etc.

Le Cameroun est le cinquième producteur mondial de cacao, avec une production d’environ 220 000 tonnes, et le 4ème producteur africain derrière la côte d’ivoire, le Ghana et le Nigéria. Les trois variétés sont produites au Cameroun, avec cependant une prédominance du Trinitario, hybride du Criollo et du Forastero.

Le cacao du Cameroun est reconnu pour la grosseur de ses fèves, son grainage fort et stable, sa bonne homogénéité, sa couleur rouge brique indispensable pour des confiseries, son arôme vif, son goût corsé, ses notes fruitées, sa bonne acidité et sa teneur en beurre.

« Le cacao du Cameroun peut être classé comme cacao «de niche». Barry Callebaut affirme

que le chocolat au lait produit à partir du cacao aux fèves rouges du Cameroun a un goût unique et se prête particulièrement à la fabrication de chocolat noir. D’autres acheteurs en cacao (Olam Cam) ont parlé d’un cacao unique au monde, en raison de sa couleur rouge et de la richesse de ses fèves en beurre, et de son potentiel à fabriquer de la poudre de cacao. Les grandes multinationales de cacao implantées au Cameroun font donc état d’une typicité certaine du cacao d’un point de vue national et déclarent que l’industrie cacaoyère mondiale ne peut se passer du cacao de cette origine. » (Extrait: REDD-IRAM, Etude sur le potentiel de commercialisation du cacao du Cameroun en « Indication géographique », décembre 2013 )

  • Le cacao des localités de Nkondjock et de Nyanon (Région du Littoral) a été reconnu au niveau international comme «cacao fin» (Salon International du Chocolat en 2009), notamment le cacao de Nkondjock pour son aspect boisé.
  • Le cacao des localités du Mbam et de Tonga (Région du Centre) est un cacao de savane, reconnu pour son respect de l’environnement et de la biodiversité.
  • Le cacao du Mont Cameroun (Région du Sud-Ouest) est connu pour sa forte acidité, sans oublier des paysages de plantations cacaoyères de toute beauté.

La filière cacao au Cameroun est gérée à la base par le Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, chargé de la recherche et de la production variétale. Les différentes variétés produites sont multipliées et vulgarisées auprès des organisations professionnelles agricoles par le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural.

La campagne de commercialisation, assurée par le Ministère du Commerce, démarre principalement en août et s’étend jusqu’en décembre. La campagne intermédiaire va de janvier à mars.

Les producteurs vendent leur cacao à travers des sociétés coopératives agricoles, aux acheteurs/usiniers

ou aux exportateurs qui assurent la collecte bord champ du produit.Ces derniers doivent être titulaires d’une carte professionnelle délivrée par l’Interprofession (CICC). Des marchés périodiques sont organisés à l’initiative des producteurs, des groupements de producteurs, d’unions et des sociétés coopératives, en liaison avec les acheteurs et avec l’appui des autorités administratives compétentes. Selon la loi 2004/025 du 30 décembre 2004, complétant et modifiant la loi n° 95/11 du 27 juillet 1995, « l’achat aux producteurs s’effectue librement, sous réserve du respect notamment des législations et/ou règlementation sur les normes de qualité, les poids et mesures, ainsi que sur les normes de contrôle et de qualité phytosanitaire ».

Le contrôle de qualité du cacao est effectué par des organisations agréées par le Ministère du Commerce [NB : lien à établir avec le fichier des sociétés de contrôle de la qualité] Une fois en possession des fèves de cacao, les exportateurs [NB : lien, liste des exportateurs de cacao] fournissent les importateurs/industriels internationaux [NB : lien, importateurs du cacao du Cameroun] qui alimentent le marché mondial. Près 90% de la production est exportée. Le reste est transformé localement en produits semi-finis (Beurre, Poudre tourteaux) et finis (chocolat, déjeuner).

CACAO – Production (en tonnes)

2007/08 200/09 2009/10 2010/11 2011/12 2012/13 2013/14 2014/15
Monde 3 718 3 456 3 635 4 309 4 095 3 945 4 359 4 168
Cameroun 185 210 209 229 210 225 211 220
Source : Organisation internationale du cacao