Guides Sectoriel d’Autocontrôle – GSAC

La filière café s’arrime aux normes

 

La production du café au Cameroun est au creux de la vague, avec une production nationale commercialisée de 24 500 tonnes (dont 4361 T d’arabica et 20 139 T pour le Robusta), contre 156 000 T cumulées des deux cafés en 1990. Une situation de baisse tendancielle de la production, désormais couplée à deux types d’exigences non tarifaires : des exigences normatives et des exigences réglementaires et commerciales, motivées par la protection des consommateurs vis-à-vis des risques sanitaires et phytosanitaires sur les aliments.

 

 

En effet, les principaux marchés de destination des cafés du Cameroun (Union européenne) ont commencé à relever, après l’avoir annoncé, leur niveau d’exigences en termes de sécurité sanitaire et phytosanitaire, de qualité et de traçabilité des denrées alimentaires, dont le cacao et le café.

 

Dans ce contexte, l’Interprofession du cacao et du café – CICC a pris des mesures pour non seulement s’accommoder, mais surtout pour anticiper ces exigences, en adoptant dès 2014 un protocole de formation à l’autocontrôle de bonnes pratiques culturales et post-récolte pour le cacao : un ensemble de mesures de prévention et de maîtrise que les opérateurs définissent et appliquent aux différentes étapes de la filière (production, usinage, torréfaction, exportation) pour que leurs produits répondent aux exigences réglementaires et commerciales applicables, en termes de qualité sanitaire et phytosanitaire, de qualité commerciale et de traçabilité.

 

Et le 21 août 2014 à Obala, une centaine de techniciens du CICC et de l’ONCC recevaient leurs parchemins à l’issue de 14 mois d’un programme de formations, conçu et mis en oeuvre selon trois volets opérationnels :

  • Sept sessions de formation de formateurs, de deux semaines chacune, pour permettre aux techniciens du CICC d’acquérir des compétences à la fois techniques et pédagogiques afin de soutenir les petits producteurs dans leurs efforts de conformité et de respect des bonnes pratiques agricoles.
  • Une formation des encadreurs, visant à créer une équipe d’une quinzaine de coachs devant encadrer les formateurs de terrain, afin de pérenniser la qualité des formations et le transfert des messages-clés.
  • Et l’appui au CICC, dans la mise en place d’une unité de Formation avec un monitoring permanent.

 

Mais ce dispositif de formation était la première béquille d’un édifice qui en compte deux. Après maturation, le CICC reçoit ce mardi, 16 mai 2017, la seconde béquille : le Guide Sectoriel d’Autocontrôle dans la filière Café du Cameroun (GSAC Café). Un outil de renforcement des capacités de toutes les parties prenantes de la filière café (arabica et robusta): les pépiniéristes, les producteurs et leurs organisations, les usiniers (acheteurs, mandataires et conditionneurs), les transformateurs (torréfacteurs), les transitaires et les exportateurs, les organes des filières, les administrations et institutions de support et de régulation (MINADER, MINCOMMERCE, ANOR,FODECC, IRAD MINRESI, MINMIDT, etc.),

 

 

Ce Guide Sectoriel d’Autocontrôle dans la filière Café, apparaît donc comme une boussole de mise en œuvre de la Stratégie de relance de la filière café, qui renforce la responsabilité de chaque acteur sur la préservation de la qualité du café. Une démarche qui, espère-t-on, permettra au Cameroun de se reconnecter durablement au marché grâce à une meilleure qualité sanitaire de ses terroirs caféicoles d’exception, lauréats de plusieurs concours internationaux.

 

Afin d’en faciliter la mise en œuvre par les différents maillons de la chaîne de valeur café (production, usinage, torréfaction, exportation), le Guide a été élaboré avec l’appui du Programme EDES, mis en œuvre par le COLEACP en consortium avec différentes institutions scientifiques et techniques européennes, financé par l’Union européenne, à la demande du conseil Interprofessionnel du Cacao et du café – CICC.

Yves Abissi