L’ACRAM AU VIETNAM  

VOYAGE D’ECHANGES DU 08 -12 DECEMBRE 2016

De hauts cadres du Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café – CICC ainsi que de l’Office National du Cacao et du Café – ONCC étaient membres de la délégation de l’Agence des Cafés Robusta d’Afrique et de Madagascar (ACRAM) qui a effectué un voyage d’échanges au Vietnam sur invitation de la Vietnam Coffee-Cocoa Association (VICOFA). Initiée par Madame la Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie(OIF), cette rencontre dédiée au Robusta s’est tenue à l’occasion de la célébration des Journées du Café vietnamien, du 08 au12 Décembre 2016 à Ho Chi Minh Ville, capitale économique du Vietnam.

Outre les organes de la filière caféière camerounaise, la délégation de l’ACRAM était constituée des ressortissants de la Côte d’Ivoire, du Gabon et du Togo, mais aussi des délégations de Colombie et d’Indonésie. Objectif pour l’ACRAM, partager l’expérience vietnamienne de développement et de promotion du café robusta. A cet égard, à côté des visites de terrain et de l’importante séance de présentation des deux entités ACRAM et VICOFA, trois articulations sont à retenir de ce voyage d’échanges prometteur.

 

Voyage d'échange au Vietnam

Mais avant de revenir sur les aspects marquants des ces journées, il nous semble important de questionner l’opportunité du choix porté sur le Vietnam, au regard des objectifs poursuivis par l’ACRAM, mais aussi des enjeux vitaux de la filière café du Cameroun.

 

Pourquoi le Vietnam

D’abord parce qu’il s’agit de Robusta, et que le Robusta est un produit d’exportation majeur du Vietnam avec un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars en 2012 (café en grain). Ensuite parce qu’en termes de benchmarking, le Vietnam une success story à partager les pays de l’ACRAM, car bien que le Robusta soit loin d’être exploité à sa juste valeur au Vietnam, c’est l’un des pays disposant d’un circuit fermé de café, de la production à la dégustation en passant par la transformation.
Introduite avec la colonisation française des années 1800, l’industrie de production du café du Vietnam a été perturbée pendant la guerre. C’est avec le Renouveau que le Vietnam est revenu sur le marché mondial du café dans les années 1990. Un retour spectaculaire, particulièrement positif pour l’économie nationale, puisque le café est un produit d’exportation majeur du Vietnam avec un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars en 2012 (café en grain).

 

Voyage d'échange au Vietnam

 

Le plus grand producteur mondial de Robusta

Le Vietnam est le plus important producteur mondial de robusta et le label «café vietnamien» est présent dans une quarantaine de pays. En 2012, ce pays a détrôné le Brésil en tant que premier exportateur mondial. Malgré une diminution de leurs importations et des cours par rapport à la même période de l’année précédente, les États-Unis et l’Allemagne demeurent les premiers clients du Vietnam, avec respectivement près de 13% et 11% des exportations nationales. Une nette croissance a été constatée en Russie, au Royaume-Uni, en Espagne…
Et, comparaison valable pour le Cameroun, si seulement 20% de la population vietnamienne buvait une tasse de plus par jour (25 grammes de café en poudre/tasse), le pays consommerait chaque année 128.000 tonnes de plus, soit 196.000 tonnes de baies, ce qui représenterait 14% des exportations actuelles. A l’échelle du Cameroun, cela représenterait selon des approximations, pour quatre millions de camerounais buvant 25g de café, on aurait quelques 400 tonnes de café moulu consommés quotidiennement. Et ce n’est pas qu’une vue d’esprit : c’est possible. C’est même l’objectif poursuivi par le festival international du café, Festicoffee depuis 2012.

 

Voyage d'échange au Vietnam

 

Au Vietnam, le secteur du café contribue à hauteur de 3% au PIB national. Seulement 5% de la production annuelle est destinée à la consommation intérieure, les 95% restants étant exportés. Autrement dit, la filière du café vit de l’exportation, mais il ne s’agit pour l’essentiel que de grains. On peut dire qu’au Vietnam, l’industrie de transformation a un rôle important pour l’exportation du café. Car, même si la production annuelle atteint un million de tonnes ou plus, sans l’industrie de transformation, l’exportation du café grain – c’est-à-dire du café brut – est peu lucrative, en particulier pour les cultivateurs.

 

Des marques internationales

Parmi les marques de café vietnamien, impossible de ne pas citer Vinacafe Biên Hoà et Trung Nguyên comme exemples de produits vendus à l’étranger. Le marché domestique du café est quant à lui, dominé par trois grands noms : Vinacafé d’abord, puis Nescafé, et G7 qui représentent à eux-seuls, 90% des parts du marché du café soluble au Vietnam. La concurrence entre ces marques est intense, sur le plan des investissements dans les technologies et dans les usines, mais aussi en termes de positionnement des prix et de campagnes promotionnelles.

Par ailleurs, le Vietnam est le premier consommateur mondial de café moulu. Les marques dominant le marché sont Trung Nguyên, Highlands, Thu Hà, Mêhicô, Da Vàng, Huy Tùng, Mê Trang…
Ces derniers temps, le pays a connu une explosion des «coffee to go» ou «café à emporter». Les marques vietnamiennes comme Trung Nguyên, Highlands et Passio cohabitent avec d’autres internationales comme The Coffee Bean & Tea Leaf (États-Unis), Gloria Jean’s Coffees (Australie), Starbucks (multinationale).

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