Ouverture de la Campagne cacaoyère 2017/2018

Des mesures concrètes, pour une filière plus résiliente.

C’est une foule bariolée qui entretenait par ses cris de joie, ses acclamations, ses youyous et ses chants de bienvenue sur des rythmes frénétiques de tam-tams et des tambours, une ambiance de fête pour accueillir les Ministres et leurs suites, les autorités administratives, les responsables des différents organes de la filière, les autorités traditionnelles et religieuses, venus partager cet instant symbolique : l’ouverture de la campagne, dans un contexte marqué par l’effondrement des cours du cacao sur le marché international, comme en ont parlé à suffisance tous les orateurs qui ont précédé le Ministre du Commerce.

Nous sommes dans la ville de Ntui dans le Mbam-et-Kim, Région du Centre. M. Luc Magloire MBARGA ATANGANA, Ministre du Commerce procède au lancement officiel de la campagne cacaoyère 2017-2018, ce 25 août 2017.

 

Une partie de l’audience lors de l’ouverture de la campagne

 

La chute des prix du cacao sur le marché international a fortement et négativement déteint sur le marché local, réduisant l’offre de prix aux producteurs de plus de 50%. Ainsi, les prix bord champ sont passés de 1580 Fcfa le kilogramme, en début de campagne, à 700 Fcfa/kg en fin de campagne. Le Gouvernement, apprend-on de la bouche même de M. Luc Magloire MBARGA ATANGANA, a pris un train de mesures à court terme, visant sinon à enrayer, du moins à « atténuer l’impact de cette contraction des cours sur le pouvoir d’achat des producteurs ». Il s’agit entre autres de :

  • La réduction de moitié du montant de la redevance à l’exportation qui passe de 150 francs à 75 francs CFA ;
  • L’instauration d’une prime de qualité « versée en fin de campagne, en faveur des producteurs ayant commercialisé un cacao reconnu comme tel. Cette prime vient s’ajouter à celles habituellement octroyées par les acheteurs/exportateurs» ;
  • La mise en place d’une plateforme « e-force » pour la lutte contre la fraude à l’exportation et
  • L’exigence de la mise en application effective des sanctions contre les opérateurs véreux, pouvant aller jusqu’au retrait temporaire de la déclaration d’existence et de la carte professionnelle.

Par ailleurs, le Ministre du Commerce insiste sur l’amélioration qualitative de l’Origine Cameroun, dont les fèves sont recherchées, appréciées dans le marché de la transformation par les maîtres chocolatiers. L’organisation des ventes groupées qui participe de la lutte contre le coxage est aussi l’un des points sur lesquels le Ministre s’est appesanti.

 

Cabosses de cacao en vente lors de l’ouverture de la campagne

 

Fort du quitus du Gouvernement de mettre sans délais en œuvre les actions identifiées comme susceptibles d’atténuer durablement les effets de la crise sur les producteurs, le secteur privé à travers l’interprofession, entend se concentrer dans les jours à venir sur :

  • L’intensification de l’encadrement sur les bonnes pratiques et l’entreprenariat agricole ;
  • L’extension du programme d’installation des Centres d’Excellence de traitement post-récolte du cacao ;
  • La formation annuelle de 400 vérificateurs de la qualité du cacao;
  • La production annuelle et la distribution de 100 000 livrets du cacaoculteur, à compter de cette campagne

Dans la même veine, les travaux préparatoires à la mise en place d’une base de données numérique sur les producteurs sont lancés, en prévision de l’identification des futurs bénéficiaires de la Prime Qualité.

 

Dorothée BODOL