Cabosses de cacao du Cameroun

Retour à la baisse des cours du cacao – CHROMACC

I : La situation du marché international du cacao et du café

 

La semaine a été marquée un retour à la baisse des cours du cacao du fait selon les experts d’une offre mondiale toujours abondante laquelle incite les fonds spéculatifs à vendre. Quant au café, des prévisions météorologiques non seulement pour un temps plus sec au Brésil mais aussi l’élimination de tout risque de gelées, pèsent sur les cours.

 

I.1 : CACAO

 

En attendant la réalisation des prévisions de certains grands chocolatiers pour une relèvement des cours dans les années à venir grâce à une augmentation de la consommation en Chine et en Afrique, l’annonce par le Ghana d’une récolte principale, la plus volumineuse depuis 6 ans (882.000 tonnes), alimentant de ce fait la surabondance des fèves sur le marché, continue à plomber les prix du cacao qui sont repartis à la baisse.

La fermeture des routes allant vers le port de Sandro d’où est exporté 50% du cacao en Côte d’Ivoire, du fait des fortes pluies enregistrées ces derniers jours, tout comme l’endommagement de plusieurs plantations dans la ceinture cacaoyère de Daloa, Soubré et Divo, lequel ravive les craintes d’une diminution de la taille de la récolte intermédiaire se déroulant d’avril à septembre, n’ont pu influencer le marché.

Ainsi, lors de la séance du jeudi 22 juin, la fève a perdu $ 30 à New York, le kilogramme cotant à son plus bas en sept semaines, à F.cfa 1 051. Depuis le 14 juin, les prix du cacao ont chuté de 12,1%, la plus forte chute en six jours depuis octobre 2008.

A Londres, ce même jour, le kilogramme a perdu £ 23, passant de F.cfa 1098 à F.cfa 1083 en cours de séance, son plus bas en quatre semaines.

A la clôture le vendredi 16 juin, le cacao cotait F.cfa 1169 le kilogramme à New York et F.cfa 1192 à Londres.

 

 

I.2 : CAFE

 

La semaine sous revue s’est caractérisée par une forte diminution de l’écart entre les prix de l’Arabica et celui du Robusta.

Selon les experts, cet écart est le plus faible depuis au moins 2008.

Ainsi, à la clôture du marché à terme de New York, jeudi 15 juin, le kilogramme d’Arabica a chuté de 5% sur l’échéance septembre, à F.cfa 1481 après avoir touché en cours de séance son plus bas niveau depuis mars 2016 soit F.cfa 1468.

L’Arabica a terminé à F.cfa 1594 le kilogramme vendredi 16 juin. Le Robusta, côté à Londres, a aussi terminé en baisse de F.cfa 24 le kilogramme, avec le kilogramme à F.cfa 1171 car la crainte d’offre étroite s’estompe. Il y a une semaine, le Robusta cotait F.cfa 1225 le kilogramme.

 

II : L’actualité dans les filières à l’international.

Café :

Ouganda :

 

Les exportations de café ont bondi de 42% en mai par rapport à mai 2016, à 408 454 sacs de 60 kg. Une hausse liée à des rendements plus élevés de caféiers nouvellement plantés et qui arrivent à maturité.

 

Tanzanie :

 

La production de café pour la campagne à venir 2017/18 devrait atteindre 1,15 Ms contre 1,05 Ms en 2016/17, estime le Département américain de l’Agriculture (USDA).

 

Ethiopie :

 

Selon une étude menée par des scientifiques, le réchauffement climatique pourrait rendre inapte à la culture du café 39% à 59% des zones actuelles de production.

Aussi, les chercheurs ont-ils étudié le potentiel pour construire une économie caféière résistante au climat, ce qui impliquera une véritable recomposition du paysage caféier en Ethiopie.

Il faut noter que le café fait vivre plus de 15 millions d’Ethiopiens et contribue à un quart des recettes d’exportation du pays.

 

Chine :

 

Elle a importé de janvier à mai un total de 40 142 tonnes (t) de café dont 1252 tonnes de cinq pays de l’Afrique de l’Est.

La Chine a exporté 54 475 t de café sur ces 5 premiers mois de l’année dont 20 tonnes vers l’Egypte.

 

 

Cacao:

Côte d’Ivoire :

 

La semaine dernière, 7 000 t de cacao sont arrivées à San Pedro soit le plus faible volume depuis le début de la campagne en cours, et ce parce que la ville a été quasiment coupée du monde, du moins intérieur.

Au cours de la semaine sous revue, et pour les mêmes raisons que celles relevées ci-dessus, 19 000 tonnes d’or brun ont été acheminées vers les ports, contre 20 000 tonnes à la même période un an plus tôt.

Une équipe de Français de la société KKO international a investi depuis 2013 dans la production intensive du cacao sur une superficie de 1 300 ha à raison de 2500 pieds par hectare.

Grâce à un système de ferti-irrigation, cette plantation produit tout au long de l’année.

KKO international se propose d’étendre son exploitation à terme à 3000 hectares.

 

Ghana :

 

Selon certains experts, les données statistiques de production au Ghana, ne prennent pas en compte le trafic des fèves venant de la Côte d’Ivoire, aidé en cela par la différence de prix aux producteurs entre les deux pays (F.cfa 1 114  le kilogramme du côté ghanéen contre F.cfa 700 le kilogramme pour la Côte d’Ivoire).

En effet, Selon certains exportateurs, le volume de cacao issu de cette contrebande atteindrait d’ici la fin de la campagne 140 000 tonnes.

 

Indonésie :

 

Pour le deuxième mois consécutif, la taxe à l’exportation des fèves sur le mois de juillet reste au niveau zéro. Il en sera ainsi en Indonésie tant que le prix gouvernemental de référence du cacao est inférieur ou égal à F.cfa 1153 le kilogramme.

 

Chine :

 

De janvier à fin mai, elle a importé un total de 17 335 tonnes (t) de fèves de cacao de cinq pays africains et vendu 19 835 tonnes de produits chocolaté à 17 pays africains. Aucune transaction n’a été enregistrée avec le Cameroun.

A noter aussi que la Chine a importé pour 14 230 tonnes de produits chocolatés des pays européen, américain et russe. Aucun pays africain ne fournit la Chine en produits chocolatés.

 

André Marie Lema