Revue cybernétique du 18 Juin 2018

CACAO

 

Le cacao rebondit

Les prix du cacao se sont ressaisis, mais restent affaiblis par leur chute du mois de Mai. Les craintes sur la zone euro se répandent car l’Europe est le premier consommateur de chocolat par habitant au monde. Les marchés se focalisent sur la prochaine récolte mais il reste de nombreuses incertitudes sur la campagne en cours et la volatilité devrait rester de mise.

 

Cameroun : déjà 223 000 tonnes de cacao exportées

 

Fin mai 2018, les exportateurs de cacao en activité au Cameroun avaient déjà acheté, auprès des producteurs locaux, un volume global de fèves estimé à 220 000 tonnes, a-t-on appris de source autorisée, au cours d’une réunion d’évaluation de la campagne cacaoyère 2017-2018, organisée par l’interprofession cacao-café à Ntui, les 12 et 13 juin derniers.

Cette estimation qui, à deux mois de la fin de la campagne, laisse espérer une croissance de la production nationale, qui porterait la production à au moins 230 000 tonnes, comme lors de la campagne précédente.

Selon nos sources, les prévisions de production de l’actuelle campagne incitent plutôt à la satisfaction du fait du déficit de statistiques sur une part importante des fèves produites dans la région du Sud-Ouest, du fait des troubles sociaux qui y sévissent.

Cette situation d’insécurité, apprend-on de sources autorisées, a également décuplé les exportations frauduleuses du cacao camerounais vers le Nigeria, de nombreux villages de la région camerounaise du Sud-Ouest partageant une frontière poreuse avec le pays le plus peuplé d’Afrique.

A la fin de la campagne cacaoyère 2017-2018, les acteurs de la filière pensent que la qualité de la production ne devrait pas s’améliorer de manière significative, malgré quelques mesures prises aussi bien par le Gouvernement de République que par les exportateurs, pour inciter à la production des fèves d’excellente qualité. Les prix, quant à eux, auront été en-dessous de 1000 francs Cfa le kilogramme.

 

Les broyages de cacao reculent Côte d’Ivoire

 

Du 1er octobre, démarrage de la campagne 2017/18, au 31 mai, la Côte d’Ivoire a broyé 338 000 tonnes de fèves contre 333 000 tonnes sur la même période la campagne dernière. Une progression de seulement 1,5%. En outre, en mai, les volumes ont même régressé, à 43 000 tonnes contre 44 000 tonnes en mai 2017.

 

Côte d’Ivoire et Ghana s’allient pour influencer les prix

 

La Côte d’Ivoire et le Ghana sont parvenus à un accord de principe le 13 juin 2018 à Abidjan, après 48 heures de négociations, pour élaborer une stratégie commune de mise en marché des fèves de cacao.

La stratégie en préparation couvre la production, la commercialisation, la transformation et la consommation, des domaines qui constituent le cœur de l’économie cacaoyère. La mise en œuvre de ce plan est prévue pour la campagne 2018-2019, qui commence en septembre 2018.

Elle débutera dans les deux pays en même temps, avec l’annonce d’un prix plancher commun aux cultivateurs. L’objectif de la Côte d’Ivoire et du Ghana est de créer un cartel de producteurs pour influencer les prix du cacao, en se mettant d’accord sur les volumes vendus.

 

 

CAFE

 

Le café en peine

 

Dans son rapport mensuel publié en début de semaine, l’Organisation internationale du café (ICO) a confirmé ses prévisions de léger déficit (-254 000 sacs de 60 kg) sur la saison en cours. Mais le Vietnam aurait, quant à lui, exporté 17 millions de sacs de robusta sur les sept premiers mois de la saison.

C’est le plus haut niveau d’exportation du premier producteur mondial de robusta, et cela va amplement fournir le marché. En revanche, certains observateurs du marché restent optimistes quant au plus long terme.

La sécheresse qui continue dans le centre du Brésil, pourrait négativement impacter la récolte de mi-saison, cet automne.

 

Haro sur l’exportation du café vert au Kenya

 

Les caféiculteurs Kenyan ne perçoivent pas les bénéfices qu’ils devraient retirer de la vente de leur café. Ce qui justifie le projet de loi visant à interdire l’exportation de café non transformé.

Un projet de loi déposé par Moses Kuria, député Kenyan que pourrait soutenir le Gouvernement kenyan.

Une filière café qui a souffert de la baisse de 12% des volumes de production en 2016/17, à 40 700 T, selon les données statistiques collectées auprès du gouvernement. Une dégringolade par rapport aux 129 000 T produites par le pays en 1988/89.

La faible gestion de la filière et des cours mondiaux souvent défavorables ou volatiles ont incité nombre de caféiculteurs à vendre leurs terres ou à se tourner vers d’autres cultures. Aujourd’hui, le café vert du Kenya figure au cinquième rang des produits d’exportation du pays.

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