Café : les cours baissent

Revue Café : les cours baissent
Admin 14 Janvier 2019 Ghana, Côte d'Ivoire, Cacao, Café

Les cours du café étaient dans le rouge la semaine dernière malgré l'annonce par l'Organisation internationale du café (ICO) d'un déficit de 0,63 million de sacs pour la saison 2019-2020. Selon le dernier rapport de l'institution publié mercredi, la production est attendue en baisse de 0,9 % à 168,71 millions de sacs tandis que la demande augmente, à 169,34 millions de sacs. Mais "les prix ne répondent que modérément", a commenté Michaela Kuhl, analyste de Commerzbank, "car l'ICO a formellement indiqué que cette tension sur le marché ne se poursuivrait pas pendant l'année".

Lundi, la Compagnie nationale d'approvisionnement du Brésil (Conab), premier producteur mondial, avait confirmé la chute déjà pressentie de sa production de plus de 20 %, une situation liée aux conditions climatiques et au cycle biennal de l'arabica qui produit naturellement moins une année sur deux. Sur le Liffe de Londres, la tonne de Robusta pour livraison en mars valait 1.316 vendredi, contre 1.372 dollars le vendredi précédent. Sur l'ICE Futures US de New York, la livre d'Arabica pour livraison en mars valait 117,85 cents, contre 126,35 cents sept jours auparavant.

Source : lantenne.com

Cacao : Côte d'Ivoire et Ghana un cartel pour soutenir les planteurs

Cacao : Côte d'Ivoire et Ghana un cartel pour soutenir les planteurs

Depuis août, les cours du cacao ont grimpé de plus de 20 %, à 2.570 dollars la tonne. Même si les prix ont reculé depuis un pic à 2.681 dollars mi-novembre, la tendance générale à la hausse pourrait se poursuivre  : les deux plus importants producteurs au monde, la Côte d'Ivoire et le Ghana, qui produisent plus de 60 % des fèves dans le monde (devant le Nigeria et l'Equateur), veulent unir leurs forces sur le modèle de l'Opep avec le pétrole. Objectif : contrôler les prix.

Leur projet consiste à imposer une prime de 400 dollars par tonne vendue à partir d'octobre 2020. Au-delà d'un cours à 2.900 dollars, l'argent serait drainé vers un fonds pour soutenir la filière pendant des périodes de vaches maigres. Via cette prime, la Côte d'Ivoire et le Ghana, souhaitent mieux rémunérer les cultivateurs qui ont subi de plein fouet l'effondrement des cours en 2017. En raison de récoltes surabondantes, la tonne était tombée à 1.780 dollars.

Un premier pas vers la constitution d'un cartel a été franchi en octobre 2018 quand la Côte d'Ivoire et le Ghana ont harmonisé les prix payés aux planteurs, dont les conditions sont loin d'être reluisantes. Selon la banque mondiale, 80 % des paysans du secteur du cacao vivent avec moins de 3 dollars par jour. Ils ne captent qu'à peine 5,5 % de ce marché évalué à plus de 100 milliards de dollars par an alors que les gouvernements des pays consommateurs mettent la main sur 15 % du marché rien qu'avec la TVA sur les ventes de barres chocolatées

Les industriels et les négociants (Mars, Mondelez, Cargill, Nestlé, Barry Callebaut, Olam…) ne sont pas contre le principe d'une meilleure rémunération des planteurs. Surtout pour des produits qui tirent profit de l'étiquetage commerce équitable ou durable. Ils sont toutefois plus sceptiques sur les modalités proposées par la Côte d'Ivoire et le Ghana.

C'est ce qu'expliquent les analystes de JP Morgan qui ont pu en discuter avec les dirigeants de Hershey's. Le géant américain, qui fabrique Smarties et KitKat pour le compte de Nestlé, « n'est pas convaincu que le cartel soit le mécanisme idéal pour atteindre cet objectif ; Hershey's ne semble toutefois pas s'y opposer, même si son implémentation pouvait déboucher sur des coûts plus élevés », expliquent les analystes. Les experts de la banque américaine rappellent au passage que Hershey's a historiquement toujours maintenu ses marges en faisant passer aux consommateurs l'augmentation des coûts de ses matières premières. Plus globalement, les experts d'ING doutent de l'efficacité dans le temps de cette mesure. « Elle devrait soutenir le marché à court terme mais, à plus long terme, ces prix plus élevés risquent d'augmenter la production et donc l'offre sur le marché ». Les analystes de Commerzbank concèdent avoir des difficultés à en mesurer l'impact sur les cours, d'autant plus que « certains observateurs pensent possible que la nouvelle règle soit abolie après les élections présidentielles et législatives qui auront lieu dans les deux pays fin 2020 ».

Source : lesechos.fr