Synthèse d'actualité cacao-café

National & International

La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

du 14 au 21 Juin 2021

CACAO

Le cacao a encore gagné quelques points la semaine dernière à Londres, contrairement à New York. Sur la place financière britannique, la tonne de fèves a terminé jeudi soir à £ 1 628 (≃ 1 244 236 Fcfa) la tonne contre £ 1 622 (≃ 1 239 651 Fcfa) le vendredi 11 Juin. En revanche, à New York, le cacao est passé de $ 2 402 (≃ 1 327 024 Fcfa) le 10 Juin à $ 2 381 (≃ 1 315 422 Fcfa) Jeudi le 17 Juin au soir.

Selon la Citi, « Les marchés du cacao demeurent lourdement excédentaires et les prix n’augmenteront guère avant, le cas échéant, 2022/23. » La banque a révisé à la hausse ses estimations d’excédent mondial sur la campagne 2020/21 en cours, à 225 000 tonnes (t) contre les 75 000 t estimées précédemment ; l’excédent serait de 100 000 t la campagne prochaine. Par conséquent, elle prévoit un prix moyen de $ 2 400 (≃ 1 325 919 Fcfa) la tonne au quatrième trimestre.

Côté production, en Côte d’Ivoire, les nouvelles sont plutôt bonnes. Les niveaux de pluie sont maintenant au-dessus de la moyenne de ces dernières années (la saison des pluies court de mars à novembre) après plus d’un mois de temps très sec, ce qui n’est pas pour faire augmenter les prix sur le marché déjà surabondant. Du 1er octobre au 13 juin, les arrivages aux ports d’Abidjan et de San Pedro ont totalisé 2,027 Mt, estiment les exportateurs, en hausse de 6,1% par rapport à la même période la campagne dernière.

On s’attend donc à de très bons volumes sur la campagne intermédiaire. Or, face à cela, les industries de broyages ont du mal à tenir le rythme à cause des coupures d’électricité et elles ont réduit leurs achats de fèves.

CAFE

Petite baisse de régime pour le café durant la période sous revue. La livre (lb) (≃ 0,45 kg) d’Arabica cotée à New York est passée de $ 1,5745 (≃ 869 Fcfa) Le 10 juin à $ 1,516 (≃ 837 Fcfa) à la clôture Jeudi el 17 Juin au soir, mais après être tombée à $ 1,508 (≃ 833 Fcfa) en cours de séance Jeudi dernier, son plus faible prix depuis le 24 mai. Le Robusta demeure… robuste…, grimpant de $ 1 592 à $ 1 598 (≃ 880 000 à 883 000 Fcfa) jeudi dernier au soir.

Les verrous sautent ! Les pluies sont de retour au Brésil, accueillies avec soulagement par les producteurs. Au 15 juin, 15% de la production brésilienne était déjà récoltée, estime le consultant Safras & Mercado, soit un taux similaire à celui de l’année dernière mais en-deçà des 36% de moyenne sur les cinq dernières campagnes. On commence à voir sur les marchés le café brésilien de la nouvelle récolte, souligne le négociant Comexim, et sa qualité est plutôt bonne !

La banque d’investissement Itau BBA continue à prévoir une baisse de 30% de la production d’Arabica au Brésil cette année, craignant que certains producteurs ne fassent défaut sur des contrats signés il y a déjà plusieurs mois.

La Citi demeure, quant à elle, très optimiste sur les tendances du prix de l’Arabica sur le long terme, de l’ordre de $ 1,65 (≃ 911 Fcfa) au quatrième trimestre car la sécheresse au Brésil a déjà endommagé l’actuelle campagne mais aussi la suivante.

Deuxième verrou qui a sauté cette semaine, la Colombie. Les protestations ont cessé et les choses rentrent progressivement dans l’ordre. Le café recommence à être acheminé aux ports mais on n’a pas encore retrouvé le rythme normal d’expédition ; selon certains, cela prendra de 60 à 90 jours pour revenir à la normale. Face à cela, les transformateurs nord-américains se ruent à l’achat des grains colombiens, le grand favori de leurs consommateurs. Certes, certains cafés d’Amérique centrale sont venus en substitution du colombien mais dans une petite proportion. « Vous ne pouvez pas remplacer le colombien. Les gros torréfacteurs ont des engagements pour livrer ce café aux supermarchés », précise un importateur qui souligne qu’il était à court de café ces derniers jours. De ce fait, les acheteurs nord-américains paient jusqu’à 75 cents la livre (lb) de plus que la cotation sur le marché à terme de New York alors que la prime variait entre 55 et 58 cents avant l’agitation sociale en Colombie.

Sur les marchés asiatiques, l’activité demeure très réduite au Vietnam car on est vraiment en fin de campagne. Les caféiculteurs qui détiennent encore un peu de volumes dans les Central Highlands ont vendu leur kilo de café à 34 500-35 000 dongs (≃ 850 Fcfa) contre une fourchette de 33 500 à 35 000 (≃ 830 Fcfa) dongs la semaine dernière. Cette fermeté des prix est essentiellement liée à la hausse des cours mondiaux à Londres ces dernières semaines mais aussi à la raréfaction de la marchandise. A l’export, le Grade 2, 5% brisures et grains noirs, s’est vendu avec une décote de $ 30 (≃ 16 573 Fcfa) la tonne par rapport à l’échéance septembre à Londres ; la semaine dernière, la décote était de $ 20 à $ 30 (≃ 11 049 à 16 573 Fcfa).

En Indonésie, le café de la province de Lampung s’est vendu cette semaine avec une prime de $ 80 à $ 90 (≃ 44 197 à 49 721 Fcfa) la tonne sur le contrat septembre 2022, soit en léger retrait par rapport à la prime de $ 100 à $ 110 (≃ 55 246 à 60 771 Fcfa) sur le mars-août 2022 enregistré la semaine dernière. Une baisse de la prime qui semble logique puisque la récolte commence à battre son plein !

Côté pays consommateurs, les volumes de café dans les stocks certifiés aux Etats-Unis ont augmenté en mai pour le deuxième mois consécutif, une hausse de l’ordre de 52 571 sacs ce qui porte leur volume total à 5,81 millions de sacs de 60 kg (Ms), selon la Green Coffee Association (GCA). Fin mars, ils étaient de 5,68 Ms, leur niveau le plus faible depuis juin 2015. Ceci dit, ils augmentent régulièrement depuis le mois d’octobre. Rappelons qu’en 2011 ils étaient tombés à leur plus bas niveau historique, à quelque 4 Ms.

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