Cocoa & Coffee Press Review

National and International

La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

du 16 au 20 Novembre 2020

CACAO

C’est la folie sur le cacao ! A Londres, la tonne de fèves est passée de £ 1 598 le vendredi 20 novembre 2020 à £ 1 791, le samedi 21 novembre 2020 sur l’échéance mars, gagnant £ 48 sur la seule séance d’hier, alors que New York grimpait de $ 2 342 la tonne en fin de semaine dernière, toujours sur mars, à $ 2 665.

Ce sont en réalité les énormes marges sur le contrat décembre qui ont suscité cet engouement sur le marché du cacao ces derniers jours alors que le produit physique disponible est en faibles volumes. «Certains acteurs se positionnent pour recevoir du cacao certifié », donc provenant des entrepôts certifiés par les bourses de New York et Londres, rappelle un courtier. Un cacao au chaud dans les entrepôts sans différentiel de revenu décent de $ 400 de la Côte d’Ivoire et du Ghana … Dans sa note de marché hebdomadaire, la Commerzbank note que « plus que jamais les traders semblent se porter sur le cacao sur les marchés à terme pour éviter le coût plus élevé des produits ivoiriens et ghanéens » (lire notre article ce jour : Le torchon brûle entre Abidjan-Accra et les multinationales du cacao).

Du 1er octobre au 5 novembre, les arrivages de cacao gradés et scellés (G&S) au Ghana ont baissé de 10,4%, à 146 886 tonnes (t) contre 163 162 t recensées sur la même période l’année dernière, selon les chiffres du Cocobod. Ces achats se répartissent essentiellement entre Olam pour 37 550 t, AGL (Ecom Trading) 25 158 t, Eliho 17 963 t, Nyonkopa (Barry Callebaut) 11 903 t, P.B.C 11 113 t, FCL 6 532 t, Kuapa Koko 6 276 t, Unicom 5 008 t, A.B.L. 3283 t, CMGL 2 648 t, Cargill 2 153 t, TRGL 305 t.

Rappelons que le n°2 mondial de la fève prévoit de produire 800 000 t cette campagne 2020/21 qui court jusqu’à fin septembre, un objectif que le Cocobod estime tout à fait atteignable malgré les arrivages plutôt lents en ce début de campagne. Le Cocobod ne s’inquiète pas car il estime très incitatif la hausse de 28% du prix garanti au planteur cette campagne. En outre, le Cocobod entend bien capitaliser sur ses efforts auprès des planteurs que ce soit le renouvellement du verger mais aussi, plus récemment, la mise en place de nombreux programmes dont la pollinisation à la main des cacaoyers, l’épandage et la distribution d’engrais subventionnés, sans oublier la base digitale pour s’assurer que ce sont les bons bénéficiaires qui reçoivent les bons soutiens.

En Côte d’Ivoire, après deux semaines de tensions et de craintes qui ont suivi les élections, la vie cacaoyère commencerait à reprendre son cours normal, rapporte Reuters. Le nombre de camions se rendant dans les fermes augmente. Ceci dit, on commence à s’inquiéter de l’arrivée précoce de vents secs de l’harmattan alors que, par ailleurs, les pluies plus élevées que la moyenne la semaine dernière ont été favorables à l’évolution du processus végétal de la campagne principale qui s’achève fin mars.

CAFE

Tous les cafés ne sont pas à la fête ! L’Arabica à New York a grimpé sur quatre séances consécutives, clôturant le samedi 21 novembre 2020 à $ 1,2320 la livre (lb) contre $ 1,1230 le vendredi 20 novembre. En revanche, le Robusta a chuté, passant de $ 1 412 la tonne à Londres en fin de semaine dernière à $ 1 291 le samedi 21 novembre. En réalité, les acteurs sur l’Arabica se sont inquiétés des conséquences de l’ouragan Lota qui a touché de plein fouet mercredi l’Amérique centrale, notamment le Honduras, une des principales sources de café de haute qualité pour les stocks certifiés de New York.

Cette semaine, les marchés asiatiques du café ont été moroses. Au Vietnam, les planteurs dans les Central Highlands ont vendu leur café à 34 000 dongs ($ 1,47) le kilo contre 33 800 à 34 200 dongs la semaine dernière. « La tempête Vamco la semaine dernière, n’a pas provoqué autant de pluies qu’anticipé mais a tout de même impacté la cueillette », a expliqué un trader dans la ceinture caféière. Les grains de la nouvelle campagne commencent à arriver mais encore en volumes réduits. En outre, il semblerait que les grains soient effectivement plus petits que la campagne dernière en raison de la météo. A l’export, les traders ont offert cette semaine le Grade 2, 5% grains noirs et brisures, avec une prime sur le contrat janvier à Londres de $ 100 à 110 la tonne contre $ 120 $ 140 la semaine dernière.

En Indonésie, la prime s’est établie dans une fourchette allant de $ 150 à $ 250 par rapport au contrat janvier à Londres, contre $ $ 170-$ 250 sur novembre la semaine dernière.

En Ouganda, les recettes d’exportation du café ont grimpé de 4,5% en octobre par rapport à septembre, à $ 38,6 millions. Surtout, les volumes vendus à l’international ont bondi de 13% à 428 015 sacs de 60 kg, selon Uganda Coffee Development Authority. L’UCDA a pour objectif les 500 000 sacs en novembre bien que les pluies récentes aient pu impacter les opérations de séchage et le transport. Sur la campagne 2019/20 qui s’est achevée en octobre, l’Ouganda a exporté 5,4 Ms générant $ 513,99 millions. Une belle progression par rapport à l’année dernière lorsque 4,5 Ms avaient été vendus à l’international pour une valeur totale de $ 435,81 millions. La progression est majeure, de l’ordre de 21% en volume et de 18% en valeur. Le premier marché pour le café ougandais est l’Italie avec 38,5%, suivi par le Soudan, l’Allemagne, l’Inde, et la Belgique. L’Union européenne représente ainsi 61% des volumes totaux acheminés par Kampala. A noter que l’UCDA prospecte activement la Chine pour développer ce débouché.

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