Synthèse d'actualité cacao-café

National & International

La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

du 21 au 28 Juillet 2021

CACAO

La fève s’est inscrite en baisse sur la semaine sous revue, Londres terminant jeudi soir à £ 1 605 (≃ 1 227 415 Fcfa) la tonne contre £ 1 626 (≃ 1 243 475 Fcfa) à la clôture du vendredi 25 juin, tandis que New York glissait de $ 2 372 à $ 2 344 (≃ 1 304 708 à 1 289 307 Fcfa) jeudi soir sur la même période.

On croule toujours sous le cacao ! Les arrivages aux ports ivoiriens d’Abidjan et de San Pedro ont totalisé 2,057 millions de tonnes (Mt) entre le 1er octobre et le 20 juin, estiment les exportateurs, en hausse de 6,3% par rapport à la même période la campagne dernière.

Ceci dit, selon Climate 24, à partir du mois de juillet, les régions cacaoyères en Afrique seront plus chaudes et humides que la moyenne de ces dernières années, laissant craindre le développement de maladies fongiques.

Côté politique, le ton est encore monté d’un cran cette semaine dans le bras de fer qui oppose les pays ouest-africains aux multinationales du cacao, les patrons du Cocobod ghanéen et du Conseil ivoirien du café-cacao (CCC) menaçant de dévoiler le nom des entreprises multinationales qui sapent tout le bénéfice de la création du différentiel de revenu décent de $ 400 (≃ 220 018 Fcfa) la tonne à l’export en réduisant la prime pays versée à l’achat du cacao. Pour le patron du Cocobod, les consommateurs achètent du chocolat de marque et paient le prix premium qui devrait revenir au producteur. « Une fois que le différentiel pays subit une décote de £ 100 à £ 250 (≃ 76 442 à 191 106 Fcfa), cela signifie que le bénéfice du DRD a été érodé », rapporte Reuters.

Côté entreprises, notons que le géant suisse Barry Callebaut a annoncé l’acquisition du belge Europe Chocolate Company, fabricant privé B2B de spécialités et décors en chocolat (lire nos informations Barry Callebaut achète le belge ECC, spécialiste du B2B de spécialités chocolat).

CAFE

L’Arabica poursuit sa progression, clôturant jeudi soir à $ 1,534 (≃ 843 Fcfa) la livre (lb) contre $ 1,5195 (≃ 835 Fcfa) le vendredi 25 Juin. Pour sa part, la tonne de Robusta à Londres est passée de $ 1 616 à $ 1 650 (≃ 888 292 à 906 982 Fcfa).

Au Brésil, les planteurs auraient déjà récolté environ 40% de la production au 22 juin soit légèrement mois qu’à pareille époque l’année dernière (41%) et surtout bien en-deçà des 44% de la moyenne des cinq dernières années. A noter que la part des Robusta récoltés est supérieure, de l’ordre de 63% contre 27% pour les Arabica, selon le consultant Safras & Mercado. Celui-ci estime que la production sera de 56,5 Ms cette année ce qui signifierait, calcule Reuters, que 22,86 Mt auraient déjà été récoltées. Le Brésil où les perspectives s’améliorent avec les récentes pluies tombées.

En Colombie, les flux d’Arabica à l’export ont tout à fait repris maintenant, après leur arrêt suite aux mouvements sociaux de contestations.

Sur les marchés asiatiques la semaine dernière, la prime sur l’échéance septembre à Londres a baissé de $ 50 (≃ 27 484 Fcfa) la tonne contre $ 60 (≃ 32 981 Fcfa) la semaine dernière pour le Robusta d’Indonésie car on est en pleine récolte et le café abonde. Toutefois, sur l’échéance août, un autre trader sur pace en Indonésie a obtenu une prime de $ 80 à $ 90 (≃ 43 974 à 49 471 Fcfa), inchangée par rapport à la semaine dernière. Quant au Vietnam, l’activité est quasiment inexistante, quelques lots étant achetés à 35 600 dongs le kilo aux quelques rares planteurs qui en détiennent encore dans les Central Highlands ; un niveau de prix inchangé par rapport à la semaine dernière. Les traders ont vendu du Grade 2, 5% brisures et grains noirs, avec une décote de $ 50 à $ 60 (≃ 27 484 à 32 981 Fcfa) sur septembre contre une décote de seulement $ 30 (≃ 16 490 Fcfa) la semaine dernière.

Face à cette tendance haussière des prix, les entreprises réagissent différemment. Pour sa part, Alfonso Gonzales Loeschen, directeur général de Nespresso Amérique du Nord a déclaré mercredi ne pas modifier ses prix des capsules malgré la forte hausse du prix des Arabica et se laisser un peu de temps pour voir si cette tendance se confirme vraiment. En effet, Alfonso Gonzales Loeschen, qui a pris ses fonctions début 2020, juste avant le déferlement de la pandémie, a indiqué qu’aux Etats-Unis les ventes directes aux consommateurs avaient bondi de 20% durant cette période, obligeant la multinationale à s’ajuster face à ces demandes d’achats en ligne beaucoup plus fortes et, par conséquent, des exigences logistiques accrues. Actuellement, tous les coffee shops ont réouvert mais les ventes dans ces points de consommation hors domicile n’ont pas retrouvé leurs niveaux d’avant. Il semblerait que seulement 20% des salariés soient retournés au bureau et beaucoup de personnes continueront à travailler de façon hybride. Il a fait remarquer que certaines entreprises livraient à domicile leurs salariés en produits Nespresso, ce qui serait un nouveau segment pour la multinationale suisse.

De son côté, le Département américain de l’Agriculture (USDA) voit une consommation mondiale de café en hausse de 1,8 million de sacs de 60 kg (Ms) sur la prochaine campagne 2021/22, à 165 Ms, alors que la production baisserait de 11 Ms à 164,8 Ms, du fait du temps très sec au Brésil. Ainsi, les stocks mondiaux de fin de campagne baisseraient à 32 Ms, leur volume le plus faible depuis 2017.

Pour le seul Brésil, l’USDA estime sa récolte 2021/22 à 56,3 Ms contre 69,9 Ms la campagne précédente, avec une consommation nationale qui toucherait le record de 23,7 Ms, réduisant de 9 Ms les exportations qui seraient ramenées à 32 Ms. Les stocks de fin de campagne au Brésil ne seraient plus que de 1,5 Ms.

Quant au Vietnam, n°1 mondial du Robusta et n°2 toutes variétés confondues, sa production augmenterait de 1,8 Ms à 30,8 Ms en 2021/22, tandis que le n°3, la Colombie, accuserait une légère baisse de 200 000 sacs à 14,1 Ms.

Lire la suite sur : commodafrica.com