Synthèse d'actualité cacao-café

National & International

La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

du 22 Février au 1er Mars 2021

CACAO

Et la valeureuse fève y retourne ! On s’achemine vers les pics atteints en novembre et décembre derniers, mais pas encore à ceux de mai dernier. Londres a clôturé le Jeudi 25 Février au soir à £ 1 749 (≃ 1 328 377 Fcfa) la tonne, son plus haut depuis la mi-décembre, et a fait du chemin depuis les £ 1660 (≃ 1 260 781 Fcfa) de vendredi dernier.

New York a connu la même fortune, terminant le Vendredi 26 Février au soir à $ 2 608 (≃ 1 415 767 Fcfa) contre $ 2443 (≃ 1 326 196 Fcfa) en fin de semaine dernière.

Ceci dit, le marché demeure structurellement coincé entre un important excédent cette année, ce qui pèse sur le marché, et la perspective d’un redressement économique mondial. La montée en spirale des cours en début de semaine est davantage liée à la poussée de fièvre sur les marchés de matières premières, stimulés par le cours du baril, et la baisse du nombre de cas de coronavirus dans plusieurs pays cédant la place à un certain optimisme.

En Côte d’Ivoire, les arrivages totaliseraient 1,491 millions (Mt) entre le 1er octobre et le 21 février, selon les exportateurs, en baisse de 1,3% par rapport à la même période la campagne dernière.

L’Indonésie a autorisé récemment que les superficies de cacao puissent augmenter cette année de 13 000 ha contre 10 000 ha les autres années.

A noter que l’entreprise française Grain de Sel a vu revenir au port de Saint Nazaire hier son voilier du même nom chargé de 33 t de cacao. Il était parti en novembre dernier de Bretagne avec à bord 15 000 litres de vin français bio et avec un équipage de seulement 4 personnes. Un autre départ est programmé pour avril et l’entreprise entendre développer d’autres voiliers pour constituer une petite flotte écolo. Selon l’Organisation internationale maritime, le transport maritime international compterait pour environ 2,2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

CAFE

Le café est en fête aussi, à l’instar du cacao, entre autres matières premières en hausse. Le Robusta à Londres a atteint hier soir $ 1 476 (≃ 801 255 Fcfa) la tonne contre $ 1 369 (≃ 743 169 Fcfa) en fin de semaine dernière et l’Arabica à New York $ 1,4005 la livre (lb) contre $ 1,2915. A noter que les stocks certifiés de l’ICE en café Arabica continuent de gonfler, totalisant 1,76 Ms mercredi dont 796 074 du Honduras et 770 000 du seul Brésil. S’agissant du café africain entreposé, il y a 16 828 sacs du Rwanda, 6 764 du Burundi et 6 433 sacs de l’Ouganda.

Des prix du café stimulés par une météo plus sèche que d’habitude au Brésil conduisant éventuellement à une révision à la baisse de la prochaine récolte, mais aussi par la pénurie persistante de conteneurs ainsi que l’espoir d’un redressement économique mondial. Dans l’importante zone de production brésilienne de Minas Gerais Cerrado, les prix ont grimpé à 730 reals (€ 109) le sac de 60 kg, les producteurs qui ont encore du café ne voulant pas vendre à moins car les coûts des engrais et des carburants ont augmenté avec la dépréciation du real.

D’ailleurs, mardi, Rabobank a fortement révisé ses prévisions précédentes de déficit caféier mondial 2021/22 à 2,6 Ms au lieu des 1,1 Ms estimés en décembre. En effet, elle a réduit de 2 Ms ses projections de production mondiale, le Brésil comptant pour 1,2 Ms dans cette baisse. Rabobank estime maintenant la récolte brésilienne à 56,2 Ms contre les 57,4 Ms évoqués en décembre. La production colombienne a aussi été revue à la baisse de 300 000 sacs à 14,1 Ms.

Face à cela, les importations nettes de pays non-producteurs ont aussi continué à baisser au quatrième trimestre 2020, ce qui explique que le déficit ne soit pas plus important que cela : une baisse de 1,9% en Europe et au Royaume Uni mais de 9,5% au Japon. En outre, le stock de fin de saison 2020/21 est très important, de l’ordre de 10,5 Ms. En conséquence, Rabobank estime que les prix de l’Arabica ne devraient pas se maintenir au-dessus de $ 1,30 la livre bien que des facteurs tels que la spéculation, les couts de fret et une demande plus importante pour stocker pourraient maintenir les cours au-dessus de ce niveau de prix.

La Colombie (Arabica) devrait produire un peu moins cette année à cause de l’impact du phénomène météorologique La Niña : sur le premier semestre, la production serait de 6,06 Ms, a souligné mercredi la Fédération nationale du café, soit 1,4% de moins que sur la même période l’année dernière. Rappelons que le pays a produit 13,9 Ms d’Arabica lavé l’année dernière, en baisse de 6% sur 2019. En janvier dernier, la production a augmenté de 3% par rapport à janvier 2019.

En Asie la semaine dernière semaine, sur le front des cafés Robusta, les prix ont aussi grimpé. Les planteurs au Vietnam se sont vu offrir 33 500 à 34 000 dongs (≃ 792–803 Fcfa) pour leur kilo de café contre 32 300 dongs la semaine dernière. Ceci reflète non seulement la hausse des cours sur le marché mondial du Robusta à Londres mais, en outre, les planteurs ne sont plus aussi pressés de vendre qu’avant les fêtes du Nouvel An. Selon un trader interrogé par Reuters, 40 à 50% de leur récolte serait déjà vendue. A l’export, le prix pour du Grade 2, 5% grains noirs et brisures, a logiquement baissé à $ 60 sur l’échéance mai contre $ 90 (≃ 48 857 Fcfa) à $ 100 (≃ 54 285 Fcfa) la semaine dernière puisque le marché à terme est plus cher.

En Indonésie, les primes sur Londres sont de l’ordre de $ 200 (≃ 108 571 Fcfa) à $ 220 (≃ 119 428 Fcfa) contre $ 270-280 (146 571–151 999 Fcfa) la semaine dernière, pour les mêmes raisons. Mais, rappelons qu’il n’y a quasiment pas de transactions car il n’y a quasiment plus de café. On attend la prochaine récolte !

Les exportations ougandaises (Robusta) ont chuté de 4,9% à 446 560 sacs en janvier par rapport à janvier 2019 en raison de la baisse des rendements caféiers, a annoncé Uganda Coffee Development Authority (UCDA).

Côté entreprises, l’italien Illycaffé a tourné la page, cette semaine, d’une entreprise purement familiale depuis 88 ans. Ces dernières années, le groupe a effectué d’importants changements dans sa gouvernance et a nommé des gestionnaires extérieurs à des postes importants. Cette semaine, il a annoncé avoir vendu 20% de son capital à la société américaine de capital-investissement Rhone Capital. Hier, son président Andrea Illy, n’a pas exclu une entrée en bourse. Illycaffé considère le marché italien trop étroit pour ses projets d’expansion et entend développer sa présence à l’international. « Illycaffé a terminé 2020 dans le noir », a -t-il souligné.

Lire la suite sur : commodafrica.com