Synthèse d'actualité cacao-café

National & International

La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

du 31 Mai au 07 Juin 2021

CACAO

La fève glisse très légèrement. Partie de £ 1 632 (≃ 1 243 872 Fcfa), le vendredi 28 Mai à Londres, la tonne a clôturé le jeudi 03 Juin au soir à £ 1 627 (≃ 1 235 000 Fcfa), , tandis qu’à New York, elle passait de $ 2 456 (≃ 1 324 076 Fcfa) à $ 2 455 (≃ 1 323 537 Fcfa).

En Côte d’Ivoire, on s’achemine vers une production record attendue à 2,225 Mt sur un total mondial estimé atteindre un record aussi de 5 Mt, selon les derniers calculs de l’Organisation internationale du cacao. Si cela se confirme, la Côte d’Ivoire représenterait 44,5% de l’offre mondiale de fèves.

Quant aux arrivages de fèves aux entrepôts des ports d’Abidjan et de San Pedro, ils sont estimés totaliser 1,997 Mt entre le 1er octobre et le 30 mai, soulignent les exportateurs, ce qui représente une hausse de 7,5% par rapport à la même période la campagne dernière. Ce chiffre d’arrivages -même s’il pas officiel- est à rapprocher des 1,21 Mt qui auraient été effectivement exportées de début octobre -démarrage de la campagne actuelle- à fin avril, selon les statistiques portuaires provisoires ivoiriennes. Ceci constitue une baisse de 4,5% par rapport à la campagne précédente et on imagine combien les entrepôts portuaires ivoiriens doivent regorger de marchandises !

En revanche, les exportations ivoiriennes de produits semi-transformés du cacao sont en hausse de près de 12% sur la même période d’octobre à avril, à 261 134 t. A noter que, là encore, les précédentes estimations sur le seul mois de mars ont été fortement révisées à la hausse, passant de 14 538 t à 33 634 t.

CAFE

Le café Arabica a enregistré une correction la semaine dernière, à l’instar de nombreux autres marchés de matières premières surachetées ces dernières semaines. A New York, la livre (lb) d’Arabica est passée de $1,6235 (≃ 875 Fcfa) vendredi dernier à $ 1,5776 (≃ 850 Fcfa) hier soir. En revanche, le Robusta est demeuré fort, grimpant encore de $ 1 583 (≃ 853 425 Fcfa) à $ 1 589 (≃ 856 660 Fcfa) la tonne.

« Il y a d’énormes stocks au Brésil et au Vietnam (et) des stocks certifiés abondants à l’ICE. Cependant, les fonds prennent les marchés par tornade et, dans les moments de panique, l’équilibre entre l’offre et la demande n’a qu’un impact marginal sur le prix », souligne Rabobank dans sa note mensuelle sur le café.

En réalité, c’est le n°1 mondial du café, qui inquiète : le Brésil subit de plein fouet sa pire sécheresse en 91 ans. Ceci impacte non seulement la caféiculture mais aussi les transports. La capacité de navigation sur la Tiete-Parana -qui achemine les matières premières agricoles notamment, dont le café- est réduite car de l’eau y est pompé pour alimenter les centrales électriques. Il faut donc recourir au transport routier ce qui renchérit les coûts, notamment à cause de la hausse du prix du diésel. Déjà l’année dernière, les flux de transport de marchandises sur la Tiete-Parana avait baissé à 3,9 millions de tonnes (Mt) contre 5,6 Mt en moyenne entre 2017 et 2019.

Si l’annonce de légères pluies dans certaines régions du Brésil la semaine prochaine suscite un peu d’espoir, les prévisionnistes s’attendent à ce que la sécheresse persiste de juin à août ce qui ne serait pas bon signe pour la campagne 2022/23 car la floraison démarre en septembre, note la Commerzbank.

En Colombie, c’est l’heure des bilans. Les manifestations anti-gouvernementales auront, en définitive, bloquer l’exportation de 800 000 sacs de 60 kg durant le mois de mai, selon les estimations de fédérations locales de producteurs de café. En d’autres termes, un tiers seulement des camions acheminant le café des zones de production aux ports a pu circuler le mois dernier. Les importateurs nord-américains s’attendent à des retards allant jusqu’à cinq semaines pour la livraison de leur café de Colombie dont des géants comme Starbucks, Nespresso et autres sont friands.

Cette situation en Colombie, conjuguée aux difficultés rencontrées au Brésil, expliquent en grande partie la flambée du café, notamment de l’Arabica ces dernières semaines.

Au Costa Rica, les exportations d‘Arabica Autres Doux ont augmenté de 11% en mai par rapport à l’année dernière.

Côté Robusta, le Vietnam -qui n’a quasiment plus de volumes, sa nouvelle récolte démarrant début octobre- a exporté son café cette semaine avec une décote de $ 40 (≃ 21 564 Fcfa) la tonne par rapport à l’échéance septembre sur le marché à terme de Londres ; la semaine dernière, il trouvait encore preneur avec une prime de $ 20 (≃ 10 782 Fcfa) sur Londres qui caracolait à des sommets qui n’avaient plus été tutoyés depuis deux ans. En revanche, cette semaine, à l’intérieur du pays, le peu de café qui reste dans les Central Highlands a été acheté aux caféiculteurs à un prix plus élevé que ceux de la semaine dernière, à 34 200-35 300 dongs le kilo ($ 1,48-1,53) contre 33 400-34 300 dongs. Rappelons que les volumes de café exporté du Vietnam ont baissé de 11,4% sur les cinq premiers mois de l’année, à 720 000 t ou encore 12 millions de sacs de 60kg (Ms), selon les statistiques douanières publiées samedi dernier. En conséquence, ses recettes d’exportation du café sont attendues en baisse de 5% sur cette période, à $ 1,3 milliard.

Les exportations d‘Indonésie commencent à prendre leur rythme de croisière mais sont en forte baisse par rapport à l’année dernière. La province de Lampung a exporté 5 575,5 t en mai, soit près de 41% de moins que sur la même période l’année dernière. La prime sur Londres est également en forte baisse, l’ensemble des cafés de l’île de Sumatra ne parvenant à vendre qu’avec une prime de $ 60 (≃ 32 347 Fcfa) sur l’échéance septembre à Londres contre $ 110 (≃ 59 303 Fcfa) encore la semaine dernière sur juillet qui a expiré. Certains ont vendu avec une prime de $ 100 à $110 (≃ 59 303 Fcfa) sur les contrats d’octobre à mars contre, là encore, $ 110 à $ 120 (≃ 64 000 Fcfa) sur juillet la semaine dernière.

Les exportations de café (Robusta) de Côte d’Ivoire ont chuté de 58 % sur la période janvier à fin avril, à 9 132 t. A noter que les chiffres de mars ont été révisées, passant de 1 698 t estimées précédemment à 4 692 t.

Côté entreprises, le géant indien Tata Global Beverages entend jouer dans la cour des grands et se lance dans une série d’innovations sur le segment café afin de devenir un des trois acteurs principaux d’ici 5 ans. Sous la marque Sonnets, il propose une série de cafés personnalisés voulant se positionner sur le segment du marché du café artisanal qui représente une valeur de 10 milliards de roupies (€ 113 millions). L’Inde est le sixième marché mondial du café.

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