La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

du 17 au 24 Mai 2021

CACAO

Mauvaise semaine pour le cacao ! Partie le vendredi 14 Mai de £ 1 689 (≃ 1 285 809 Fcfa) la tonne à Londres, l’échéance juillet a clôturé Le 19 Mai au soir en baisse de £ 57 (≃ 43 393 Fcfa), à £ 1 632 (≃ 1 242 416 Fcfa). A New York, la perte a été de $ 30 (≃ 16 154 Fcfa), passant de $ 2 474 (≃ 1 332 242 Fcfa), à $ 2 444 (≃ 1 316 087 Fcfa).

En Côte d’Ivoire, l’atmosphère dans la filière est plutôt tendue entre les négociations avec les multinationales et les pannes d’électricités qui rendent le travail difficile et font chuter les broyages nationaux, un des fers de lance de la politique cacaoyère nationale. Si ces broyages entre le 1er octobre, début de l’actuelle campagne 2020/21, et fin avril demeurent toujours en hausse de 2,1% à 335 000 t contre 328 000 t sur la même période l’année dernière, ils ont chuté de 8,7% sur le seul mois d’avril, à 42 000 t. En cause, essentiellement ces problèmes de coupures d’électricité qui compromettent aussi la performance de broyages sur ce mois de mai, attendue en baisse de 40%, à 25 000 t selon l’association des exportateurs Gepex. Et la situation pourrait encore empirer en juin, a-t-il indiqué, avec pour alternative pour les broyeurs de transformer ailleurs, dans leurs usines en Europe et aux Etats-Unis (lire : Les broyages de cacao en Côte d’Ivoire compromis par les pénuries d’électricité). Rappelons que la Côte d’Ivoire rivalise avec les Pays-Bas comme premier broyeur mondial de fèves mais sa capacité installée, de 712 000 t, demeure largement sous-utilisée.

Actuellement, il fait très sec en Côte d’Ivoire ce qui impacte la taille des fèves et pourrait réduire la durée de la campagne intermédiaire qui habituellement dure d’avril à septembre, ont expliqué à Reuters des producteurs. Et le prévisionniste Climate42 s’inquiète aussi de l’impact de ce temps très sec sur la campagne prochaine, surtout si les pluies sont faibles en août.

Pour l’heure, les arrivages aux ports ivoiriens ont totalisé 1,916 Mt du 1er octobre au 16 mai, en hausse de 7% sur la même période la campagne dernière, selon les exportateurs.

En Côte d’Ivoire encore, 22 personnes ont été inculpées mercredi pour avoir eu recours au travail des enfants dans leur plantation de cacao dans la ceinture de production de Soubré.

Côté entreprise, le premier chocolatier français Cemoi passerait sous pavillon belge avec son rachat par le groupe familial Sweet Products. La nouvelle entité formerait le numéro un mondial en matière de chocolats sous marques distributeurs et pèserait plus de €1,2 milliard de chiffre d'affaires.

CAFE

Il grimpe, il grimpe, le café ! Parti vendredi dernier de $ 1,45 (≃ 780 Fcfa) la livre (lb), l’Arabica a clôturé hier soir à son niveau de prix le plus élevé en quatre ans, à $ 1,5365 (≃ 827 Fcfa). Une fête partagée par le Robusta qui est passé, à Londres, de $ 1 417 (≃ 763 050 Fcfa) en fin de semaine dernière à $ 1 490 (≃ 802 360 Fcfa) à la clôture hier soir à Londres.

Et pour cause ! L’offre se contracte un peu partout…. En Colombie, les manifestations anti-gouvernementales, parfois violentes, sont dans leur quatrième semaine et perturbent les opérations d’exportation du café chez le n°3 mondial d’Arabica.

Au Brésil, le consultant renommé en la matière, Safras & Mercado a révisé à la baisse hier ses précédentes prévisions, estimant la récolte cette année à 56,5 millions de sacs de 60 kg (Ms) contre les 57,1 Ms estimés précédemment. D’autres analystes sont encore plus pessimistes, le courtier StoneX avançant le chiffre de 51,4 Ms. A noter que c’est l’Arabica qui est impacté, Safras estimant sa récolte à 34,7 Ms contre les 35,2 Ms avancés précédemment, tandis qu’il a révisé à la hausse de 100 000 sacs la production de Robusta – « conilon » - qui atteindrait 21,8 Ms. A ces niveaux de volume révisés, la production d’Arabica baisserait de 31% cette année par rapport à la dernière tandis que celle de Robusta progresserait de 12%. Alors, certes, le n°1 mondial du café est dans son année basse de son cycle caféier mais la contraction attendue serait plus forte qu’habituellement, souligne le consultant. Rappelons que l’Arabica est plus délicat que le Robusta et leurs zones de productions différentes, avec de meilleures pluies dans les régions du Robusta. En outre, la récolte a pris du retard, Safras estimant que 11% des superficies caféières ont été récoltées contre 13% en moyenne ces cinq dernières années. Rappelons que la moitié de l’approvisionnement mondial en Arabica provient du Brésil.

Au Guatemala, 6ème exportateur mondial d’Arabica, les exportations sont attendues en baisse de 3% cette campagne, à 3,1 Ms contre 3,2 Ms la campagne précédente, selon l’association du café Anacafé. En cause, de faibles prix aux planteurs, peu incitatifs et donc un manque de main d’œuvre accentué par la Covid et des pluies erratiques. Rappelons que le 12 mai, le Honduras, qui est le plus important exportateur de café en Amérique centrale, de l’Arabica, a lui aussi révisé encore à la baisse de 8,3% ses prévisions de production pour cette année, après avoir déjà réduites ses prévisions initiales de 10,7% en janvier. Ainsi, ses exportations sont maintenant estimées par l’Institut national Ihcafé à 6,7 millions de sacs de 46 kg contre le chiffre de 7,3 Ms avancé précédemment. Les caféiers sont impactés par la maladie de la rouille qui sévit encore cette année après plus de 25 journées de pluie liées aux tempêtes Eta et Iota, mais aussi la contrebande de café vers le Guatemala et, dans une moindre mesure, le Nicaragua. La rouille devrait aussi impacter la prochaine campagne qui démarrera en octobre mais Ihcafé n’a pas encore donné d’estimations.

Quant à la situation des marchés du Robusta en Asie cette semaine, on a pu constater une contraction de la prime versée pour le café du Vietnam, les producteurs dans les Central Highlands se voyant proposer 32 800 à 34 000 dongs ($1,42-1 ,48) le kilo contre 32 600 à 33 900 dongs la semaine dernière. L’offre est faible car il ne resterait que 5% à 7% de la récolte 2020/21 encore entreposée, selon un trader basé dans la ceinture de production. Or, les producteurs ne trouvent guère attractifs les prix actuels qu’ils considèrent couvrir à peine leurs frais de production, et rechignent à vendre ce qui leur reste en café. A noter que la météo dans les Central Highlands est actuellement très favorable au développement de la nouvelle récolte, la prochaine campagne démarrant en octobre. A l’export, le Robusta du Vietnam s’est vendu cette semaine avec une prime de $ 20 seulement sur l’échéance juillet contre $ 55 la semaine dernière.

L’Indonésie prend bel et bien le relais du Vietnam avec une campagne qui monte en puissance et des volumes toujours plus importants de café qui arrivent. Ceci dit, ce n’est pas l’explosion car la récolte est estimée être de 10% inférieure à celle de la campagne dernière. D’où un tassement des prix avec des primes de $ 110 à $ 120 par rapport au contrat juillet sur le terme de Londres, contre $ 120 il y a deux semaines.

En Ouganda, les volumes exportés en avril ont bondi de 49% par rapport à l’année dernière, à 537 538 sacs de 60 kg, selon Uganda Coffee Development Authority (UCDA). En effet, les caféiers nouvellement plantés ont de bons rendements et la météo est favorable. Rappelons que l’Ouganda est le premier exportateur africain de café, essentiellement du Robusta.

Côté consommation, aux Etats-Unis, pour la première fois en quatre mois, les stocks de café vert dans les ports ont augmenté de 83 405 sacs pour totaliser 5,76 Ms, selon la Green Coffee Association.

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