La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

Chronique des matières matières du 03 Novembre 2022

CACAO

La fève rebondit sur fond de guerre frontale entre les pays producteurs d’Afrique de l’Ouest et les grands industriels et multinationales du cacao et chocolat …. A Londres, la faiblesse de la livre sterling a encouragé les acheteurs, faisant grimper la tonne de fèves de £ 1 861 (≃1 417 282 FCFA) vendredi dernier à £ 1 952 (≃1 486 585 FCFA)  hier soir sur l’échéance mars. Si le marché de New York a chuté hier de $ 7, la tonne de cacao aura tout de même connu une belle ascension sur la période sous revue, passant de $ 2 319 (≃1 559 713 FCFA) en fin de semaine dernière à $ 2 372 (≃1 595 360 FCFA) hier sur l’échéance décembre.

Sur la scène mondiale du cacao, c’est donc l’affrontement. Le Conseil du café et du cacao (CCC) en Côte d’Ivoire a annoncé que tous les acheteurs de cacao devront avoir régularisé le paiement de leur différentiel de revenu décent (DRD) de $ 400 la tonne d’ici le 20 novembre, rapporte Reuters. Ceci fait suite à ce que les multinationales du cacao traînent les pieds sur le DRD et les nouveaux différentiels d’origine positifs, affirmant qu’il n’est pas viable de payer autant pour le cacao dans un contexte d’offre excédentaire faisant baisser les prix sur le marché mondial. Rappelons qu’en juillet, le CCC a fixé ce différentiel d’origine à zéro pour août contre -£ 125 la tonne en juillet. Pour sa part, le Cocobod l’a relevé à £ 20 la tonne en août contre -£ 50 en juillet. Selon une source du CCC, s’ils ne s’acquittent pas du paiement tant du DRD que de la prime pays, les acheteurs ne seront plus autorisés à accéder aux plantations de cacao pour compter les cabosses, ce qui est une information fondamentale clé pour prédire la taille des rendements des cacaoyers.

Une campagne qui démarre plus que lentement chez le numéro un mondial. Au 30 octobre, soit sur l’ensemble du premier mois de la campagne 2022/23, les arrivages aux ports de San Pedro et d’Abidjan ont chuté de 21% par rapport à octobre 2021, à 295 000 t, estiment les exportateurs. Côté champs, il devrait moins pleuvoir, estime le prévisionniste Climate-42, et ceci n’aurait rien d’inquiétant a priori car les sols sont bien humides après les précipitations au-dessus de la moyenne ces derniers mois.

Côté entreprise, le géant Barry Callebaut a annoncé cette semaine la baisse de 6,1% de son résultat net alors que son chiffre d’affaires a grimpé de 12,3%. Pour le chocolat, tout va bien pour le leader mondial avec une progression de 5,9% de ses ventes sur ce segment. Ceci dit, le suisse demeure confiant : le ralentissement économique mondial ne devrait pas impacter la demande en chocolat.

Toujours chez Barry Callebaut, il a été annoncé mercredi le départ en fin d’année pour des raisons personnelles de son directeur général, Olivier Delaunay, qui sera remplacé à partir du 1er janvier par Jo Thys.

CAFE

Triste semaine pour les cafés… Hier, en cours de séance à Londres, le Robusta a touché son prix le plus bas en 15 mois, à $ 1 814 (≃1 220 060 FCFA) la tonne pour se ressaisir et clôturer à $ 1 842 (≃1 238 892 FCFA) sur l’échéance janvier ; il était à $ 1 873 (≃1 259 742 FCFA) vendredi dernier. Quant à l’Arabica, il n’a guère fait mieux, passant de $ 1,7560 (≃1 181 FCFA) la livre (lb) sur l’échéance décembre en fin de semaine dernière à $ 1,6835 (≃1 132 FCFA) hier soir sur l’échéance mars. Il est proche des $ 1,6595 (≃1 116 FCFA) enregistrés la semaine dernière ce qui était son niveau le plus bas en 15 mois aussi. Les fonds d’investissements détiennent maintenant une position courte ce qui, certes, réduit les liquidations de positions, mais témoignent d’un avenir plutôt morose quant aux prix.

Un Robusta qui subit le tout début de la récolte au Vietnam et la perspective de voir les volumes affluer prochainement alors que la demande est terne.  « La récolte a déjà démarré dans certaines régions mais doucement. Les acheteurs devront encore attendre au moins trois semaines de plus pour un approvisionnement abondant en grains de café », a expliqué un trader vietnamien à Reuters. Certains estiment que la production cette campagne serait moindre que la précédente, mais sans fournir d’estimations chiffrées.

Selon les statistiques nationales, les exportations de café du Vietnam ont augmenté de 10,6% sur les dix premiers mois de l’année pour atteindre 1,4 Mt ou encore 23 millions de sacs de 60 kg (Ms). Ses recettes ont, quant à elles, bondi de 33,4% à $ 3,3 milliards.

L’Indonésie, quant à elle, aurait exporté 53 268 t de Robusta en septembre, soit plus du double par rapport à il y a un an. Actuellement, il n’y a quasiment plus de volumes à l’export.

Côté Arabica, c’est l’amélioration des perspectives de récolte au Brésil mais aussi l’anticipation d’une hausse des stocks certifiés de la bourse de New York qui plombent le café : l’Arabica a perdu 11% de sa valeur sur la seule semaine dernière. En outre -facteur déstabilisant, pour la deuxième année consécutive, les caféiculteurs brésiliens font défaut sur leurs contrats, refusant de livrer du café aux prix négociés. Les maisons de négoce se voient dans une position très délicate car cela les expose à de lourdes pertes.

http://www.commodafrica.com/04-11-2022-la-chronique-matieres-premieres-agricoles-au-3-novembre-2022