La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

Chronique des matières matières du 08 décembre 2022

CACAO

Les fèves caracolent… ! Hier, à New York, le contrat sur mars a grimpé à son niveau le plus élevé en trois
semaines, touchant en cours de séance $ 2 552 (≃1 586 706 FCFA) la tonne pour finalement redescendre et
clôturer à $ 2 542 (≃1 580 488 FCFA) ; vendredi dernier, il était à $ 2 536 (≃1 576 758 FCFA). Le marché de
Londres a été plus calme, gagnant £ 7 sur la période sous revue, parti en fin de semaine dernière de £ 1
971(≃1 502 296 FCFA) pour clôturer hier soir à £ 1 978 (≃1 507 631 FCFA).
Et les perspectives sont plutôt bonnes, si on en croit le météorologue agricole Climate42.

En Côte d’Ivoire, les plantations de cacao auraient trois semaines de plus de résistance au stress hydrique que la normale, après des mois de pluies abondantes avant la saison sèche de l’Harmattan qui s’étend de fin novembre à mars environ.

Le Ghana connaitrait encore meilleure fortune, les zones côtières de cacao bénéficiant de quatre à cinq semaines
de résistance supplémentaire à la sécheresse, tandis que les zones intérieures auraient jusqu’à sept semaines
de résistance en plus que la normale.
« Dans l’ensemble, la saison sèche commence sur une note positive, car la période de résilience généralement
plus longue devrait minimiser les pertes et encourager le remplissage des gousses », indique le rapport de
Climate42.
Les exceptions à cette plus grande résilience sont certaines parties du Cameroun et du Nigeria, mais qui sont
des acteurs moins importants sur la scène mondiale du cacao.
Pour l’heure, les arrivages aux ports ivoiriens ont atteint 838 000 t entre le 1er octobre et le 4 décembre, en
hausse de 6,1% par rapport à la même période la campagne dernière, estiment les exportateurs.

CAFÉ

Le café Robusta a bien rebondi cette semaine, passant de $ 1 888 (≃1 173 864 FCFA) vendredi dernier à $ 1 918
(≃1 192 516 FCFA) hier soir sur l’échéance janvier à Londres. En revanche, l’Arabica à New York a glissé de $
1,6260 (≃1 011 FCFA) la livre (lb) à $ 1,587 (≃ 987 FCFA) sur l’échéance mars.
La « robustesse » des cours du Robusta tient essentiellement aux perspectives moroses au Vietnam, premier
exportateur mondial. Les pluies prolongées et la baisse des intrants utilisés en raison du renchérissement de leurs
coûts devraient faire chuter d’un cinquième la production sur la campagne 2022/23 en cours, estime un négociant
dans les Central Highlands interrogé par Reuters. « Les producteurs ont récolté la majeure partie de leur récolte et le
résultat n’est pas très prometteur. La production sera inférieure de 20% aux prévisions précédentes ».
Cette semaine, les caféiculteurs vietnamiens ont vendu leurs grains entre 40 100 dong et 42 000 dongs le kilo ($
1,69 – $ 1,77) contre 40 000 à 40 800 dongs la semaine dernière. Selon un sondage Reuters, le Vietnam devrait
avoir une récolte de 30 millions de sacs de 60 kg (Ms) en 2022/23, légèrement en dessous de la saison précédente.
A l’export, la décote a été de $ 70 à $ 80 la tonne par rapport au contrat sur mai contre $ 60 à $ 70 la semaine
dernière sur mars.
A noter que le Vietnam a exporté 1,58 Mt sur les 11 premiers mois de l’année calendaire, soit 12,9% de plus par
rapport à la même période l’année dernière, selon les services des douanes. Ses recettes ont atteint $ 3,6 milliards.
En Indonésie, où il n’y a quasiment plus de marchandise, la tonne de Robusta de Sumatra a été proposée à l’export
avec une prime allant de $ 100 à $ 120 sur le contrat janvier contre $ 50 à $ 80 la semaine dernière en raison de
l’épuisement des stocks. « Il n’y a pratiquement pas eu d’échanges car les stocks baissent. Les activités pourraient
s’améliorer à partir du début de l’année prochaine », a déclaré un commerçant.
Mais c’est le Brésil qui fait le buzz du marché, comme souvent. Selon un rapport du cabinet de conseil HedgePoint
publié aujourd’hui, la production de café brésilienne 2023/24 (avril-mars) se situerait entre 64,9 et 68,9 Ms contre 59
Ms prévus pour 2022/23. De ce fait, le marché mondial passerait d’une situation déficitaire de 2,17 Ms attendu en
2022/23 (octobre-septembre) à un excédent de 3,74 Ms en 2023/24. Ceci dit, la production brésilienne serait toujours
inférieure de 14 % au record de 2020/21 de 72,6 Ms. Sa production d’Arabica en 2023/24 serait entre 44,4 et 46,4
Ms contre 36 Ms en 2022/23. Quant au Robusta (« conilon » ), elle serait, selon les estimations de HedgePoint, entre
20,5 et 22,5 Ms contre 23 Ms en 2022/23.
Le rapport indique que malgré un excédent mondial en 2023/24, le ratio stocks/utilisation ne s’améliorera que
légèrement puisque les stocks mondiaux devraient rester historiquement bas, en particulier au cours du deuxième
trimestre de l’année prochaine.
A ce jour, seulement quelques estimations pour la campagne 2023/24 au Brésil ont été publiées : la banque
néerlandaise Rabobank s’attend à ce que la production augmente d’au moins 8% à 68,5 Ms tandis que le cabinet de
conseil SpillingTheBeans à avancer les chiffres de 50 et 56 Ms.

http://www.commodafrica.com/09-12-2022-la-chronique-matieres-premieres-agricoles-au-8-decembre-2022