La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

Chronique des matières matières du 19 janvier 2022

CACAO

Le cacao est repassé en-dessous de la barre des £ 2 000 (≃1 210 900 FCFA) cette semaine, clôturant hier soir sur le marché à terme de Londres à £ 1 982 (≃1 200 002 FCFA)  la tonne, parti de £ 2 069 (≃1 546 246 FCFA) vendredi dernier. Les fèves ont dégringolé aussi à New York où le contrat mars est passé de $ 2 651 (≃1 605 048 FCFA) en fin de semaine dernière à $ 2 570 (≃1 556 006 FCFA) hier soir. Le marché américain a clôturé avant de connaitre les chiffres catastrophiques de broyages publiés un peu plus tard par la National Confectioners Association (NCA).

Un marché qui a eu les yeux rivés sur la publication de ces statistiques de broyages de fèves au quatrième trimestre 2022, un chiffre majeur car il donne le pouls de l’anticipation par l’industrie de ce que sera la demande en chocolat et autres produits associés en ce début 2023. Et la situation n’est pas glorieuse.

 Ainsi, sur le dernier trimestre, les broyages en Asie n’ont progressé que de 0,2% à 230 806 tonnes (t) alors qu’ils ont baissé de 1,7% en Europe. Aux Etats-Unis, la chute a été rude avec -8,13% à seulement 107 130 t. A noter toutefois que les chiffres collectés par la National Confectioners Association (NCA) portent sur une usine de moins que l’année dernière (15 au lieu de 16).

« Les raisons de ces broyages plus faibles semblent être des inquiétudes pour le premier semestre 2023, la récession, qui a peut-être repoussé certaines commandes », a déclaré un courtier américain en cacao, se référant aux données de la NCA.  » Un Halloween plus faible a déplacé une partie de la demande sur le quatrième trimestre « , a expliqué à Reuters un autre courtier.

 Sur l’ensemble des 12 mois de 2022, l’Asie a affiché une hausse des broyages de 3,1%, totalisant 904 094 tonnes (t) contre 877 002 t fin 2021, selon la Cocoa Association of Asia. En Europe, l’honneur est sauf mais de justesse avec une hausse de 0,7% sur l’année pour totaliser 1,466 Mt, a annoncé hier l’Association européenne du cacao (ECA de son sigle anglais). Pour la seule Allemagne, le recul au quatrième trimestre est de 0,6% par rapport à fin 2021, à 99 546 t mais en hausse 1,1% à 397 595 t sur l’année. On ne connait pas encore les volumes annuels de broyages aux Etats-Unis publiés par la NCA.

Au Brésil, cinquième producteur mondial de chocolat, les broyages ont augmenté de 0,82% sur l’année calendaire à 226 015 t, selon le groupe industriel AIPC. Notons que ses arrivages de fèves locales, produites sur place, ont augmenté de 4,1% en 2022 à 205 782 t. Ses importations de fèves sont en net recul, quant à elles, à 11 011 t en 2022 contre 59 768 t l’année précédente.

En Côte d’Ivoire, les arrivages de cacao aux ports d’Abidjan et de San Pedro entre le 1er octobre et le 15 janvier ont totalisé 1,146 million de tonnes (Mt), en nette hausse de 9,3% par rapport à la même période la campagne dernière, estiment les exportateurs.

CAFE

L’Arabica a terminé la période sous revue en hausse, à $ 1,546 (≃ 936 FCFA) la livre (lb), parti vendredi dernier de $ 1,517 (≃ 918 FCFA)  à New York. Le Robusta a également augmenté, de $ 2 (≃ 1211 FCFA) sur la période sous revue, clôturant hier soir à $ 1 918 (≃1 161 253 FCFA)  la tonne sur l’échéance mars contre $ 1 916 (≃1 160 042 FCFA) en fin de semaine dernière.

En Asie, au Vietnam, leader mondial du Robusta, les prix ont augmenté, suivant en cela la tendance à Londres. Les planteurs des Central Highlands ont vendu leurs grains entre 38 900 et 41 100 dongs le kilo ($ 1,66 à 1,75) contre 38 400 et 40 100 dongs la semaine dernière. A l’export, le Grade 2, 5% grains noirs et brisures, a trouvé acheteur avec une décote de $ 90 la tonne par rapport au contrat mai.

Au Brésil, les exportations de café vert auraient totalisé 35,57 Ms sur l’année calendaire 2022, a annoncé lundi le groupe industriel Cecafe. Ceci représente une baisse de 2,6% par rapport à 2021. Sur le seul mois de décembre, la chute a été vertigineuse, de l’ordre de 16,6% à 2,86 Ms.

La perspective d’une récolte très abondante au Brésil cette année se confirme avec la publication hier par l’agence statistique nationale Conab de ses dernières prévisions de récolte pour 2023 qui devrait atteindre 54,94 millions de sacs de 60 kg (Ms), soit une augmentation de 7,9% par rapport à l’année précédente. Pourtant, 2023 est une « année creuse » dans le cycle biennal du café Arabica qui alterne des années de production élevée et faible au Brésil, la récolte fraîche devrait dépasser la production de l’année dernière car la récolte de 2022 a été affectée par la sécheresse et les gelées précédentes. Certains analystes indépendants avaient déjà prévu une production plus élevée sur une base annuelle à cause de cela, rappelle Reuters.

Conab a déclaré que la récolte d’Arabica devrait atteindre 37,43 Ms cette année, en hausse de 14,4% par rapport à 2022, stimulée par un rebond dans l’État producteur de Minas Gerais. Celle de Robusta, en revanche, devrait chuter de 3,8 % par rapport au record établi en 2022 pour atteindre 17,51 Ms.

Au total, la superficie en caféiculture, toutes variétés confondues, atteindrait 2,26 millions d’hectares, en progression de 0,8 % d’une année sur l’autre. La superficie à peu près stable ces dernières années a été compensée par des rendements plus élevés.

Côté consommateurs, aux Etats-Unis, les stocks certifiés ont fini l’année en baisse de 12 573 sacs sur le mois de décembre à 6,37 Ms, selon la Green Coffee Association. Ceci demeure abondant, en hausse de 9,3% par rapport à fin 2021.

http://www.commodafrica.com/20-01-2023-la-chronique-matieres-premieres-agricoles-au-19-janvier-2023