La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

Chronique des matières première du 28 juin au 04 juillet 2022

cafe-cacao

CACAO

Une semaine plutôt amère pour le cacao, la tonne de fèves chutant de £ 1 760 (≃1 338 515 Fcfa) à £ 1 713 (≃1 302 770 Fcfa) la tonne sur l’échéance septembre entre vendredi dernier et la clôture hier soir à Londres tandis qu’à New York, elle passait de $ 2 432 (≃1 522 772 Fcfa) à $ 2 340 (≃1 465 167 Fcfa). Et les acteurs du marché de pointer du doigt le dollar dont la fermeté face aux autres devises renchérit le coût d’acquisition pour tous les opérateurs non-américains, les dissuadant d’acheter.

Un marché qui témoigne d’une certaine inquiétude. « Les broyages mondiaux risquent de ralentir (ou de se contracter) en raison du conflit russo-ukrainien qui perturbe la demande régionale et met à mal le PIB mondial. Ceci nous incite à envisager un régime de prix déflationniste au cours des 9 à 12 prochains mois », explique la Citi dans une note d’analyse. Cependant, estiment les analystes de la banque, le cours du cacao ne devrait pas tomber en-deçà des $ 2 000 à $ 2 200 car on n’est pas certain qu’il y ait une augmentation significative de l’offre sur la campagne 2022/23, surtout avec les problèmes d’approvisionnement en engrais.

En Côte d’Ivoire, les arrivages aux deux ports ont atteint 1,97 million de tonnes (Mt) entre le 1er octobre et le 26 juin, en baisse de 4,9% par rapport à la même période l’année dernière, estiment les exportateurs.

Dans les zones de production la semaine dernière, des pluies au-delà de la moyenne sont tombées ce qui est de bon augure pour la prochaine campagne principale 2022/23 qui court d’octobre à mars. Rappelons que le premier producteur mondial de fèves est en pleine saison des pluies, saison qui dure habituellement jusqu’à la mi-novembre. Ceci dit, si ces pluies sont bonnes pour la future campagne, elles rendent difficiles la récolte actuelle et le séchage des fèves, augmentant les risques de moisissures lors du stockage.

Aux Etats-Unis, les multinationales chocolatières Hershey, Nestle, Cargill, Mars, Mondelez International, Barry Callebaut et Olam International ont été relaxés mercredi par le tribunal du District de Columbia dans le cadre du dossier Coubaly et al. contre Cargill Inc et al. La juge Dabney Friedrich, nommée par l’ancien président Donald Trump, a déclaré que les plaignants dans le recours collectif n’avaient pas qualité pour poursuivre parce qu’ils n’avaient pas montré de « lien traçable » entre les sept sociétés défenderesses et les plantations spécifiques où ils travaillaient, rapporter Reuters. Les plaignants n’auraient pas, non plus, expliqué de manière adéquate le rôle des intermédiaires dans la chaîne d’approvisionnement du cacao, notant que les entreprises ne surveillaient pas l’activité dans les « zones franches » où environ 70% à 80% du cacao est produit.

CAFE

L’Arabica s’est hissé hier soir au-dessus de la barre des $ 2,3 (≃1 440 Fcfa), pour clôturer à New York jeudi soir à $ 2,301 (≃1 440 Fcfa) la livre (lb) sur l’échéance septembre, contre $ 2,2325 (≃1 398 Fcfa), vendredi dernier ; les stocks certifiés de l’ICE sont au plus bas en 22 ans. En revanche, le Robusta à Londres a baissé sur la période sous revue, passant de $ 2 044 (≃1 279 830 Fcfa) à $ 2 033 (≃1 272 942 Fcfa)  la tonne jeudi soir.

Pourtant, le prix de l’Arabica avait baissé les jours précédents, faisant revenir sur ce marché bon nombre d’investisseurs, les fondamentaux -l’offre et la demande- demeurant, par ailleurs, bons. Ils ont également pris bonne note que le marché était en déport, c’est-à-dire que les positions éloignées sont moins chères que le rapproché, témoignant d’une étroitesse de l’offre actuellement : le temps est sec au Brésil ce qui risque d’impacter les rendements. « Rien n’a changé », souligne un trader à Reuters. « La tendance est toujours haussière ».

Une analyse que ne partage pas nécessairement la Citi qui indique dans son rapport que malgré cette baisse des volumes de stocks certifiés qui a un impact haussier sur les prix à court terme, l’excédent se profile que Citi estime à 3,2 Ms en 2022/23, ce qui pourrait faire baisser les prix à environ $ 2 la livre d’ici la fin de l’année.

Selon le consultant Safras & Mercado, la récolte brésilienne en 2022 serait de 61,1 Ms, bien au-dessus des estimations gouvernementales de 53,4 Ms. Selon l’agronomiste du café Matheus Gossi, interrogé par Reuters, le temps sec n’est pas préoccupant, avec des arbres en bonnes conditions, ne nécessitant pas particulièrement d’irrigation.

Au Brésil toujours, au 21 juin, les planteurs avaient récolté 35% des superficies caféières, en retard par rapport aux 40% l’année dernière à pareille époque et aux 44% en moyenne sur les cinq dernières années. Un retard lié à un murissement inégal des cerises et les difficultés que certains producteurs ont à trouver de la main d’œuvre pour la cueillette. Dans les Etats de Minas Gerais et de Sao Paulo, le rythme est encore plus bas avec 13,5% des champs récoltés, le plus lent des rythmes depuis 2017.

Au Vietnam, la faible offre de café en cette fin de la campagne 2021/22 continue de renchérir les prix. Les producteurs dans les Central Highlands ont vendu cette semaine à 42 400-44 000 dongs le kilo ($ 1,82 à $ 1,89) contre 42 700 à 43 700 dongs la semaine dernière. « Les prix domestiques ont atteint leurs niveaux de 2016-2017 mais étant donné le taux de change élevé et les coûts de production, les gains ne sont pas aussi élevés qu’avant », souligne un trader dans la ceinture caféière.  A l’export, la décote pour du Grade 2, 5% brisures et grains noirs, est de l’ordre de $ 150 à $ 160 la tonne sur le contrat septembre contre $ 140 à $ 160 la semaine dernière.

Sur le premier semestre, les exportations de café du Vietnam ont grimpé de 21,7% par rapport à janvier-juin 2021, pour atteindre 1,03 million de tonnes (Mt) soit 17,2 millions de sacs de 60 kg (Ms), selon les statistiques commerciales de la province de Lampung. Les recettes d’exportation du leader mondial du Robusta ont, quant à elles, bondi de 50% générant $ 2,3 milliards.

En Indonésie, le Robusta de Sumatra s’est vendu cette semaine avec une décote de $ 140 à $ 150 par rapport au contrat sur juillet, d’autres vendant avec une décote de $ 220 sur le contrat de septembre. « Les volumes de café provenant de Bandar Lampung ont commencé à baisser », explique à Reuters un trader.

http://www.commodafrica.com/01-07-2022-la-chronique-matieres-premieres-agricoles-au-30-juin-2022