La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

Chronique des matières premières du 11 avril 2022

CACAO

L’annonce hier de la chute de 34% de la production au Ghana a donné un coup de boost aux cours mondiaux du cacao. Londres a clôturé en hausse de £ 27 la tonne à £ 1 788 (≃1 403 347 Fcfa) sur juillet contre £ 1 761 (≃1 382 156 Fcfa) vendredi dernier. A New York, l’impact a été semblable avec une hausse hier de $ 22 pour terminer la journée à $ 2 627 (≃1 582 531 Fcfa) contre $ 2 618 (≃1 577 109 Fcfa) en fin de semaine dernière.
Ainsi, du 1er octobre 2021, date de l’ouverture de l’actuelle campagne, au 31 mars, les exportations de cacao du Ghana n’ont totalisé que 524 000 tonnes (t) contre 791 000 t sur la même période l’année dernière, a annoncé hier le Cocobod. L’organe régulateur de la filière du numéro 2 mondial du cacao a confirmé ses prévisions d‘atteindre 800 000 t cette campagne.
En Côte d’Ivoire, les arrivages de fèves aux ports d’Abidjan et de San Pedro ont totalisé 1,694 Mt du 1er octobre au 31 mars, en hausse de 1,8% par rapport à la même période l’année dernière, estiment les exportateurs. Dans les zones de plantation, les pluies sont en-dessous des moyennes de ces dernières années mais une bonne humidité des sols est favorable à la récolte intermédiaire qui court d’avril à fin septembre.

CAFE

Le café a perdu de son tonus cette semaine, le Robusta a perdu $ 24 sur la seule journée d’hier, clôturant à Londres à $ 2 066 (≃1 244 579 Fcfa), son plus faible cours en trois semaines ; il était encore à $ 2 146 (≃1 292 771 Fcfa) vendredi dernier. Quant à l’Arabica, la livre (lb) a baissé de 0,6% pour clôturer à $ 2,2615 (≃1 362 Fcfa) sur l’échéance mai, contre $ 2,2735(≃1 370 Fcfa) en fin de semaine dernière.

On ne manque pas de Robusta, ce qui explique la lourdeur du marché au niveau de ses prix. Le Vietnam a annoncé hier une hausse de 28,3% de ses exportations au premier trimestre, à 581 693 t, selon les chiffres des douanes. L’envolée de ses recettes d’exportation vont en faire pâlir plus d’un : elles ont bondi de 60% pour atteindre $ 1,3 milliard. Sur le seul mois de mars, les volumes exportés ont augmenté de 51,4% à 211 015 t. Quant aux perspectives sur 2022/23, elles sont bonnes à ce jour, tant au Vietnam qu’au Brésil sur le segment du Robusta.
Cette semaine, dans les Central Highlands du Vietnam, les producteurs ont vendu leur Robusta à 40 500-41 500 dongs le kilo ($ 1,77-1,81) contre 41 100-42 000 dongs la semaine dernière. « La production au Brésil, où la récolte démarre en juin, devrait être énorme, ce qui exerce une pression à la baisse sur les cours mondiaux », a expliqué à Reuters un trader à Ho Chi Minh City. A l’export, le Grade 2, 5% brisures et grains noirs, s’est vendu avec une décote de $ 240 à $ 250 la tonne sur le contrat juillet, inchangé par rapport à la semaine dernière.
En Indonésie, le Robusta de la province de Lampung pour expédition en juillet et au-delà, a été offert cette semaine avec une décote de $ 150 à $ 200, relativement inchangée aussi par rapport à la semaine dernière.
Au Brésil, l’Institut de géographie et de statistiques (IBGE) estime que la production de café sera de 56,1 Ms en 2022, en hausse de 0,9% sur 2021.
Mais il ne faut pas oublier que le Brésil est aussi le deuxième plus important consommateur de café au monde. Or, selon l’association industrielle Abic, cette consommation brésilienne aurait augmenté de 1,7% en 2021 (enquête menée de novembre 2020 à octobre 2021) et a représenté 21,5 Ms, soit 4,5 Ms de moins que celle aux Etats-Unis, leader mondial. Ce volume demeure 500 000 sacs en-dessous des 22 Ms enregistrés en 2017, mais sur les 10 dernières années, la progression annuelle moyenne a été de 1%. 2021 a été pénalisée par des difficultés d’approvisionnement et des prix en hausse : en 2021, le prix du café vert a grimpé de 155% pour l’industrie de la torréfaction avec une envolée de 52% des prix au détail pour le consommateur brésilien.
CAFE