La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

Chronique des matières premières du 12 au 16 septembre 2022

CACAO

Le cacao a fait le buzz cette semaine non pas tant à cause de ses cours mais à cause du pas considérable franchi en matière de durabilité et traçabilité au niveau international et donc d’accès au marché notamment européen, le plus important marché de consommation au monde. Face à la perspective d’une belle récolte sur la campagne 2022/23 qui s’ouvrira début octobre, les cours mondiaux du cacao ont chuté cette semaine.

Côté prix, la fève termine la période sous revue en hausse, Londres clôturant hier soir à £ 1 868 (≃1 396 386 Fcfa) la livre (lb) sur l’échéance décembre contre £ 1 854 (≃1 385 920 Fcfa)  en fin de semaine dernière et New York à $ 2 377 (≃1 561 950 Fcfa)  contre $ 2 360 (≃1 550 779 Fcfa).

Quant à la traçabilité, en Europe, on ne parlait que de ça cette semaine. A Strasbourg, le Parlement européen a adopté mardi par 453 voix pour, 57 contre et 123 abstentions, la loi visant à bannir les produits issus de la déforestation importée, produits au nombre desquels le cacao. A Rome, ce dossier de la traçabilité était sur le dessus de la pile pour les quelque 350 représentants de l’industrie européenne du cacao et du chocolat et des pays producteurs de cacao d’Afrique et des Amériques réunis par l’Association européenne du cacao (ECA) pour la 8ème édition du Forum européen du cacao.

A cette occasion, l’industrie européenne a proposé de partager des données sur les emplacements des plantations de cacao avec les principaux producteurs de Côte d’Ivoire et du Ghana dans le but d’intensifier les efforts de lutte contre la déforestation dans le secteur. De son côté, Yves Brahima Koné, président du Conseil du cacao et du café (CCC) de Côte d’Ivoire, a indiqué à Reuters que la date butoir pour le leader mondial des fèves serait la campagne 2023/24 : « La mise en place du système de traçabilité de tout le cacao depuis le champ jusqu’à l’usine des exportateurs (interviendra au cours de la) campagne 2023/2024 ».

Barry Callebaut, de son côté, a indiqué être sur la bonne voie pour atteindre son objectif de retracer la source de tout le cacao utilisé dans sa chaîne d’approvisionnement directe d’ici 2025 et travaille également à améliorer la traçabilité dans sa chaîne d’approvisionnement indirecte.

Quant à la Côte d’Ivoire, ses exportations de fèves entre le 1er octobre et fin juin ont baissé de 1,5% pour totaliser 1 392 723 t, selon les données provisoires portuaires publiées hier. En revanche, ses exportations de produits semi-finis ont bondi de 12% à 392 343 t. Sur le seul mois d’août, ses broyages ont également fortement augmenté, de 9,2% à 59 000 t sur le mois, selon l’association des exportateurs Gepex.

Toujours en Côte d’Ivoire, le CCC a publié cette semaine la liste des exportateurs agréés de Côte d‘Ivoire qui sont au nombre de 102 pour la prochaine campagne 2022/23 contre 94 la campagne dernière.

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CAFE

Le café Arabica a terminé la période sous revue en baisse, à $ 2,164 (≃1 421 Fcfa) la livre (lb) à New York contre $ 2,285 (≃1 501 Fcfa) vendredi dernier sur l’échéance décembre, le Robusta à Londres lui emboîtant le pas en passant de $ 2 264 (≃1 487 697 Fcfa).la tonne sur novembre en fin de semaine dernière à $ 2 240 (≃1 471 926 Fcfa) hier soir.

La situation brésilienne a, sans conteste, impacté le marché. Les volumes de production actuelle demeurent incertains, Safras e Mercado révisant à la baisse de 2,9 millions de sacs de 60 kg (Ms) ses estimations pour la campagne 2022/23, à 58,2 Ms en raison de conditions météorologiques dégradées dans les principales régions de production. En revanche, les pluies seraient plutôt favorables à la prochaine récolte.

Côté Robusta, il n’y a quasiment plus d’activité chez le n°1 mondial qui attend que sa prochaine campagne 2022/23 soit lancée début octobre. Les producteurs dans les Central Highlands au Vietnam sont parvenus à vendre encore quelques grains à 47 000-48 200 dongs le kilo ($ 2 à $ 2,05) mais quasiment rien en termes de volumes. « Le négoce attend les nouveaux grains de la prochaine récolte et la demande n’est pas forte. C’est très probable que les prix à Londres chuteront à $ 2 200 la tonne », a expliqué à Reuters un trader.

En Indonésie, le Robusta de Sumatra a été proposé cette semaine avec une décote allant de $ 50 à $ 140 par rapport au contrat novembre à Londres.

http://www.commodafrica.com/16-09-2022-la-chronique-matieres-premieres-agricoles-au-15-septembre-2022