La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

Chronique des matières premières du 13 juin 2022

CACAO

La fève dégringole, la tonne sur le marché à terme de Londres passant de £ 1 794 (≃1 384 806Fcfa) le 1er juin avant la fermeture pendant deux jours des marchés pour célébrer le jubilée de la Reine, à £ 1 762 (≃1 360 105 Fcfa) mercredi soir sur l’échéance septembre. Sur la place de New York, le contrat juillet est passé de $ 2 469 (≃1 526 138 Fcfa) la tonne vendredi dernier à $ 2 428 (≃1 500 795 Fcfa) à la clôture jeudi soir.

En effet, la belle récolte intermédiaire qui semble se confirmer en Côte d’Ivoire se conjugue avec un temps plutôt sec ce qui réduit les risques de maladie, notamment la pourriture noire, estime le prévisionniste Climate24. « Les conditions ont été bonnes pour les arbres cette année », confie à Reuters un planteur près de Soubre. « Nous allons avoir beaucoup de cacao dans les semaines à venir. » En outre, nombre de cacaoculteurs estiment que la qualité des fèves va s’améliorer à partir de la fin juillet dans les ceintures cacaoyères de la région de Daloa, au centre-ouest du pays, et dans les régions centrales de Yamoussoukro et de Bongouanou. Les arrivages de fèves aux ports ivoiriens d’Abidjan et de San Pedro totalisent 1,926 millions de tonnes (Mt) de début octobre au 4 juin, en baisse de 5,1% par rapport à la même période la campagne dernière, estiment les exportateurs.

CAFE

Baisse de tension sur les marchés du café Robusta cette semaine alors que l’Arabica surfe sur la vague de la fermeté. Ainsi, le Robusta coté à Londres est passé de $ 2 136 (≃1 320 030 Fcfa) la tonne mercredi 1er juin avant la fermeture des marchés britanniques pour fêter le Jubilée de la Reine, à $ 2 093  (≃1 293 725 Fcfa) hier soir sur l’échéance juillet. En revanche, la livre (lb) d’Arabica côté à New York, a évolué de $ 2,324  (≃1 436 Fcfa) vendredi dernier à $ 2,3465 (≃1 450 Fcfa) hier soir.

L’œil rivé sur les volumes de stocks de l’ICE à New York, les opérateurs sur le marché de l’Arabica ont, en effet, pu constater qu’ils sont au plus bas depuis trois mois, à 1,02 million de sacs de 60 kilos (Ms). Ils ont constaté aussi que les primes sur le marché du physique sont en train de grimper en flèche.

Côté Robusta aux origines, la situation est toujours très calme au Vietnam, les volumes étant insignifiants. On attend la prochaine campagne 2022/23 qui démarrera début octobre. Les producteurs dans les Central Highlands ont encore quelques volumes qu’ils distillent à la vente au compte-goutte : ils ont trouvé preneurs cette semaine dans une gamme de prix resserrée, à 41 900-42 900 dongs le kilo ($ 1,81-1,85) contre 41 400 à 43 100 dongs la semaine dernière. A l’export, les traders ont vendu avec une décote sur Londres de $ 150 à $ 160 par rapport au contrat septembre, soit bien moins que la décote de $230-240 enregistrée la semaine dernière. Le Vietnam a exporté 881 565 t de janvier à fin mai, soit une hausse de 23,3% par rapport à la même période l’année dernière. A noter que le Département américain de l’Agriculture (USDA) vient de réviser à la hausse ses estimations de récolte 2021/22 du Vietnam à 31,52 Ms (grain vert équivalent) car les rendements auraient été meilleurs qu’escomptés. En 2022/23, la production serait de 30,93 Ms avec des exportations estimées à 26,65 Ms.

En Indonésie où, à Lampung, la récolte principale démarre, la décote pour le Robusta de Sumatra est demeurée inchangée par rapport à la semaine dernière, à $ 170-180 sur le contrat juillet et $ 250 sur celui de septembre

Dans sa toute première estimation de la nouvelle campagne 2022/23 au Brésil qui s’ouvre bientôt (juillet-juin), l’USDA l’estime en hausse de 11% pour atteindre 64,3 Ms avec des exportations en progression de 3% à 39,05 Ms. Ce chiffre de production est bien supérieur aux estimations jusqu’alors publiées par les différents analystes indépendants, indique Reuters qui suit le marché du café comme le lait sur le feu… : mercredi, le brésilien IBGE a, quant à lui, abaissé de 3,7% à 52,8 Ms ses prévisions antérieures de production 2022/23, réduisant de 5,9% ses estimations de production d’Arabica à 35,2 Ms mais remontant de 0,8% ceux de Robusta (conilon) à 11 Ms. Mardi, Fitch Solutions avançait un chiffre de 60 Ms sur 2022/23. Notons que Fitch estime que les cours mondiaux vont baisser sur fond d’excédent caféier en 2022/23, d’inflation limitant la consommation et de croissance mondiale en berne.

Mais revenons à l’analyse de l’USDA. Si ses prévisions s‘avéraient exactes, cela permettrait d’accroître les volumes mis sur le marché mondial et de calmer la spirale haussière des prix enregistrées depuis des mois maintenant. Pour être plus précis, le Brésil, selon l’USDA, produirait 41,5 Ms d’Arabica, ce qui serait un bond de 14% par rapport à 2021/22, tandis que le Robusta atteindrait le record de production de 22,8 Ms. La clef de la réussite sur le Robusta ? Des conditions météorologiques très bonnes et une bonne gestion de la récolte. A noter que, toutes variétés de café confondues, la consommation du n°2 mondial en la matière (derrière les Etats-Unis) serait de 22,45 Ms, soit sensiblement aux mêmes niveaux que la campagne précédente, les prix élevés et la modestie de la croissance économique retreignant le nombre de tasses de café bues par les Brésiliens.

A noter enfin, toujours s’agissant du Brésil, que l’USDA a révisé à la hausse de 1,8 Ms ses estimations de la campagne 2021/22 au Brésil qui serait de 58,1 Ms.

S’agissant de la Colombie, l’USDA estime que sa production en 2022/23 demeurerait inchangée par rapport à l’actuelle campagne 2021/22, à 13 Ms. La météo a été plutôt bonne mais le renchérissement des engrais en limite l’usage et devrait impacter les rendements. En conséquence, les exportations ont été sévèrement révisées à la baisse, de 6,7%, pour revenir aux volumes de 2021/22 de 13 Ms en 2022/23. Le comble est que l’USDA prévoit une hausse, certes limitée mais réelle, des importations colombiennes de café en 2022/23 à 1,9 Ms ; 64% du café importé vient du Brésil, bien sûr, suivi par le Pérou, le Honduras et l’Equateur. 91% des importations de café sont en grains, 8% du soluble et 1% du torréfié.

En revanche, la production indienne 2022/23 est perçue par l’USDA en hausse de 3,8% à 5,74 Ms. En effet, une pré-mousson couplée à une mousson principale toutes deux normales devraient permettre d’accroître les rendements. Les exportations sont estimées en progression de 2,4% à 5,98 Ms mais des difficultés subsistent dans la chaine d’approvisionnement. Surtout, l’envol des cafés de spécialités suscite l’émergence de nouveaux buveurs de café, notamment parmi les jeunes, qui n’auront pour frein que l’inflation. En tout état de cause, l’USDA estime que les stocks indiens seront étroits.

Côté entreprises, Starbucks a pu rouvrir 600 de ses 940 magasins en Chine avec l’allègement des restrictions liées à la covid.

http://www.commodafrica.com/10-06-2022-la-chronique-matieres-premieres-agricoles-au-9-juin-2022