La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

Du 14 juin 2021

Chronique des matières premières du 14 juin 2021

CACAO

Le cacao s’est inscrit en légère baisse sur la période sous revue. Sur le marché à terme de Londres, parti de £ 1 627 (≃ 1 243 744 Fcfa) la tonne à la clôture le vendredi 4 Juin, il a terminé hier soir à £ 1 622 (≃ 1 239 921 Fcfa). A New York, il a glissé de $ 2 452 à $ 2 433 (≃ 1 329 272 Fcfa). On constate une décote croissante sur l’échéance septembre par rapport à décembre, ce qui témoigne d’une abondance de la disponibilité actuelle en fèves.

Selon les calculs de Fitch Solutions, les cours oscilleront dans une fourchette allant de £ 1 600 à £ 1 750 (≃ 1 337 770 Fcfa)  sur ces prochaines semaines de juin et juillet. Dans son rapport, il souligne que les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 continuent de perturber nombre de marchés malgré les taux de vaccination en hausse.

A fin mai, la Côte d’Ivoire avait pré-vendu 950 000 tonnes (t) de cacao sur la campagne 2021/22 et il en resterait encore 650 000 à 700 000 t à vendre « pour atteindre nos objectifs », a indiqué à Reuters un responsable du Conseil du café-cacao (CCC). Plus exactement, des contrats de vente ferme porteraient sur 560 000 t alors que des contrats sur 390 000 t attendraient encore confirmation, une confirmation suspendue aux négociations entre le CCC et les broyeurs de cacao sur le niveau de décote sur le pays. Les contrats étaient conclus à fin mai avec une décote de £ 150 à £ 200 la tonne par rapport au cours à Londres, alors qu’habituellement le cacao ivoirien bénéfice d’une prime de £ 70 à £ 150 (≃ 114 000 Fcfa). Alors, certes, la prime de $ 400 (≃ 305 776 Fcfa)  la tonne de différentiel de revenu décent (DRD ou LID en anglais) a été maintenue.

Toujours en Côte d’Ivoire, les arrivages aux ports d’Abidjan et de San Pedro ont totalisé 1,997 Mt entre le 1er octobre et le 6 juin, estiment les exportateurs, ce qui représente une hausse de 7,5% par rapport à la même période la campagne dernière. Les broyages ivoiriens ont, quant à eux, baissé à fin mai à 367 000 t contre 377 000 t sur la même période la campagne précédente, selon l’association des exportateurs Gepex. A noter que de façon inhabituelle, il a fait très sec ces derniers jours en Côte d’Ivoire dans les zones cacaoyères, ce qui a inquiété les planteurs quant aux perspectives de la récolte intermédiaire qui ne s’achèvera que fin septembre.

Au Ghana, les arrivages de sacs scellés et gradés ont totalisé 924 385 t entre le 1er octobre et le 27 mai, a déclaré hier le Cocobod. Ceci est en très forte hausse par rapport aux 737 783 t enregistrés sur la même période l’année dernière. Le Cocobod estime maintenant que la production cette campagne atteindra 950 000 t contre le chiffre de 800 000 t avancé précédemment.

CAFE

Petite correction sur le marché du café cette semaine. Partie de $ 1,6165 (≃ 876 Fcfa)  à New York vendredi dernier, l’Arabica a terminé Jeudi soir à $ 1,587 (≃ 860 Fcfa) la livre (lb). Quant au Robusta, la tonne est passé de $1 612 (≃ 873 893 Fcfa) à $ 1 585 (≃ 859 256 Fcfa).

Une « correction », somme toute, légitime après les récentes envolées de l’Arabica mais qui ne devrait pas persister car la situation est actuellement tendue. En Colombie, les protestions anti-gouvernementales perdurent et perturbent l’acheminement du café. Quant au Brésil, différents analystes s’attendent à un approvisionnement étroit à la fin de la campagne 2021/22 avec une baisse de production. S’il a plu ces derniers jours dans plusieurs des régions caféières, provoquant un certain soulagement, Rabobank souligne que l’IRI prévoit un temps sec durant le reste de l’année dans le sud du Brésil. « Toutefois, à notre avis il est beaucoup trop tôt pour spéculer avec certitude sur la récolte 2022/23. »

Toujours au Brésil, le real est à son plus haut niveau face au dollar depuis le mois de décembre, ce qui réduit la compétitivité du café brésilien sur les marchés mondiaux.

Sur la scène du marché physique du Robusta, les exportations du Vietnam ont baissé de 1,4% en mai par rapport à avril, à 130 285 t, selon les données portuaires gouvernementales. Sur la période de janvier à fin mai, ses ventes à l’international ont chuté de 12%, à 715 263 t, la baisse des recettes étant moindre (-5,3% à $ 1,3 milliard) puisque les cours mondiaux du café ont grimpé.

Au Vietnam, dans les Central Highlands, les stocks de café détenus par les planteurs continuent à se réduire comme peau de chagrin. Les quelques lots qui restent ont été vendus entre 33 500 et 35 000 dongs le kilo contre 34 200 à 35 300 dongs la semaine dernière. Les traders ont proposé le Grade 2, 5% brisures et grains noirs, avec une décote de $ 20 à $ 30 la tonne sur le contrat septembre contre -$ 40 la semaine dernière.

En Indonésie où la campagne bat son plein, les prix demeurent toutefois inchangés par rapport à la semaine dernière car il existe une forte concurrence entre les traders et les acheteurs locaux. Un trader aurait offert une prime de $ 60 (≃ 32 527 Fcfa) sur le contrat septembre alors qu’un autre proposait $ 100 à $ 110 (≃ 59 632 Fcfa) sur le contrat août à mars, comme la semaine dernière. Cette semaine, entre 10 000 et 15 000 t de café de la nouvelle récolte sont arrivées.

En réalité, souligne le courtier Marex Spectron, l’approvisionnement en café pourrait être étroit à la fin de la campagne 2021/22 car la récolte au Brésil sera faible du fait de la sécheresse et la demande mondiale est en hausse avec la réouverture de l’activité économique. Selon Marex, la pandémie a réduit de 6 Ms la demande en café sur deux campagnes, avec un coup particulier sur les Arabica Doux, la variété la plus achetée par les chaînes de coffee-shops. « S’il n’y avait pas eu de baisse de la demande, on aurait connu un déficit structurel sur les Arabica Doux », souligne Matrex. La production d’Arabica au Brésil baisserait de 30% en 2021/22, selon ses calculs. Matrex refuse de donner des prévisions de prix avant que deux facteurs ne se soient éclaircis : la taille de la campagne brésilienne 2022/23 et la vitesse à laquelle reprendra la demande post-Covid.

Pour le consultant Safras & Mercado, les stocks de fin de campagne 2021/22 seraient de 2,48 Ms, une chute de 57% par rapport à fin 2020/21. Son ratio stock/consommation baisserait à 12% contre 27% en 2020/21. Rappelons que le Brésil est le deuxième consommateur mondial de café derrière les Etats-Unis.

Côté entreprises, le géant américain Starbucks connaitrait des pénuries d’approvisionnement sur certains de ses produits dans ses magasins.

https://www.commodafrica.com/11-06-2021-la-chronique-matieres-premieres-agricoles-au-11-juin-2021