La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

Chronique des Matières Premières du 25 juillet au 1er Aout 2022

CACAO

Le cacao a franchi des seuils tant à New York qu’à Londres durant la période sous revue. Ainsi, partie vendredi dernier de $ 2 297 (≃1 427 699 Fcfa), la tonne de fèves sur l’échéance septembre s’est hissée au-dessus des $ 2 300 (≃1 474 622 Fcfa),  pour clôturer jeudi soir à $ 2 317 (≃1 474 622 Fcfa). A Londres, les cours sont passés de £ 1 699 (≃1 327 360 Fcfa) à £ 1 704 (≃1 331 267 Fcfa).

La Côte d’Ivoire et le Ghana déclarent aujourd’hui relever dès le mois prochain la prime payées par les industriels pour du cacao de belle qualité. La Côte d’Ivoire l’a fixée à zéro pour août contre une décote de £ 125 en juillet. Quant au Ghana, dont le différentiel est traditionnellement plus cher que celui de la Côte d’Ivoire, il sera à +£ 20 la tonne contre -£ 50 en juillet. Rappelons qu’il s’agit de la « prime d’origine », une prime (ou une décote) qui s’ajoute au cours du marché à terme lors de la transaction.

La Côte d’Ivoire qui, au même moment, annonce que la prochaine récolte principale, sur 2022/23, soit d’octobre à avril, ne serait que de 1,5 million de tonnes (Mt) contre 1,6 Mt cette campagne qui s’achève. Un pronostic partagé par des exportateurs contactés par Reuters, l’estimant eux aussi à 1,5 Mt (lire nos informations : La Côte d’Ivoire a déjà vendu 1,52 Mt de cacao de la prochaine récolte principale). Pour l’heure, le Conseil du café cacao (CCC) a annoncé mercredi avoir fini de vendre ses 1,52 Mt de contrats d’export sur cette prochaine campagne principale.Toujours en Côte d’Ivoire, des pluies précoces ont été les bienvenues après la période de fortes chaleurs, certains producteurs allant jusqu’à craindre un temps plus froid pour la bonne évolution de la campagne principale.

Quant aux arrivages aux ports d’Abidjan et de San Pedro, ils ont franchi les 2 Mt à 2,03 Mt entre le 1er octobre et le 24 juillet, soit une baisse de 4,1% par rapport à la même période la campagne dernière. Au Ghana, hier, le Parlement a approuvé un prêt syndiqué de $ 1,3 milliard pour financer l’achat de fèves de cacao auprès des producteurs pour la prochaine campagne 2022/23 qui va démarrer début octobre. Une décision qui ne surprend pas car elle intervient au début de chaque nouvelle campagne mais cette année, elle intervient dans un contexte de crise économique, de déficit de la balance des paiements qui frise le milliard de dollars, d’une inflation galopante qui a atteint 29,8% en juin, d’un ratio dette/PIB de près de 85% et d’un cedi qui a perdu près du quart de sa valeur cette année. Le gouvernement a dû avoir recours au FMI. Le Cocobod a annulé les $ 250 millions qui restaient des $ 600 millions prêtés en 2019 par la Banque africaine de développement (BAD) pour soutenir le secteur. L’annulation a fait suite aux incertitudes dans les prévisions de récolte et les cours mondiaux du cacao qui sont peu favorables aux pays producteurs, selon un rapport du Comité des Finances du Parlement.

Côté industrie, les ventes totales de Nestlé au premier semestre ont augmenté de 9,2% à 45,6 milliards de francs suisses avec un bénéfice récurrent par action en hausse de 8,1%. Le géant suisse de l’agroalimentaire prévoit une croissance organique des ventes entre 7% et 8% sur 2022. Par catégorie de produits, les ventes de chocolat ont enregistré une croissance à deux chiffres, reflétant les fortes ventes de KitKat et des produits saisonniers. « Les ventes de boissons chocolatées et maltées ainsi que les chocolats ont posté une croissance à deux chiffres, grâce à la forte demande de Milo et KitKat». Pour sa part, Mondelez International a revu à la hausse ses prévisions de revenus pour l’année 2022, à +8%, après avoir enregistré de meilleurs résultats qu’attendus sur le premier trimestre : les volumes ont augmenté de 5%, ce que le Crédit suisse estime « impressionnant ». En effet, la hausse des prix de ses produits finis n’a pas réduit la demande. Ses revenus nets ont bondi de 10% pour atteindre $ 7,27 milliards sur le deuxième trimestre alors que certains, comme IBES, la société de courtage new-yorkaise Lynch, Jones & Ryan et Technimetrics, les estime plutôt de l’ordre de $ 6,78 milliards.

CAFE

Les cafés ont grimpé cette semaine, la livre (lb) d’Arabica passant de $ 2,067 (≃1 325 Fcfa), sur l’échéance septembre à $ 2,184 (≃1 400 Fcfa) tandis que le Robusta évoluait de $ 1 962 (≃1 257 916 Fcfa) à $ 2 015 (≃1 291 897 Fcfa) la tonne.

Au Brésil, la crainte de gelées a cédé la place à la crainte de sécheresse qui pourrait impacter la récolte 2023/24. Au 26 juillet, la récolte était achevée à 75%, soit en-deçà des 77% enregistrés l’année dernière et des 80% en moyenne ces cinq dernières années.

Au Vietnam, il n’y a quasiment plus d’activité, les producteurs n’ayant pratiquement plus de café et les traders ayant déjà acheté suffisamment. Les planteurs dans les Central Highlands ont encore effectué quelques ventes à 44 200-44700 dongs ($ 1,89-1,90) le kilo contre 44 000-44500 dongs la semaine dernière. A l’export, les traders ont proposé quelques rares lots de Grade 2, 5% grains noirs et brisures, avec une décote de $ 100 à $ 130 la tonnes sur l’échéance novembre. Sur les sept premiers mois de la campagne, les exportations ont bondi de 18,4% à 1,1 Mt, soit 19 millions de sacs de 60 kg (Ms), selon le Bureau général de statistiques. Les recettes ont accusé une hausse de 44,8% à $ 2,6 milliards.

En Indonésie dans la province de Lampung, le Robusta de Sumatra a été proposé avec une décote allant de $ 50-60 à $ 140 sur l’échéance août et septembre respectivement. En juin, les exportations de Robusta de Sumatra ont bondi de 45,98% par rapport à juin 2021, à 16 511,68 t.

Côté industrie, une étude de Bank of America indique que les ventes dans les coffee shops aux Etats-Unis n’ont pas retrouvé leurs niveaux d’avant la Covid car de nombreux clients sont encore en télé-travail et consomment donc du café à domicile.

Côté industrie, les ventes totales de Nestlé au premier semestre ont augmenté de 9,2% à 45,6 milliards de francs suisses avec un bénéfice récurrent par action en hausse de 8,1%. Le géant suisse de l’agroalimentaire prévoit une croissance organique des ventes entre 7% et 8% sur 2022. Par catégorie de produits, le café arrive au second rang après les produits pour animaux de compagnie (en alimentation et en produits vétérinaires). « Le café a enregistré une croissance élevée à un chiffre, avec la contribution de l’ensemble des marques et des zones géographiques, soutenue par une forte reprise des canaux hors domicile. » La demande a été particulièrement soutenue pour les produits Nescafé et Starbucks.

Nestlé qui a déclaré mardi avoir démarré ses opérations de transformation de café Robusta dans son usine à Veracruz au Mexique, son plus important site de café soluble au monde. Le groupe y a investi $ 340 millions pour transformer 670 000 sacs par an. Et certains de s’interroger sur la raison pour Nestlé d’ouvrir cette usine aussi loin du premier fournisseur mondial de Robusta, le Vietnam, si ce n’est que Nestlé a pour ambition de diversifier ses sources d’approvisionnement et peut-être de privilégier les conilons du Brésil. A noter que Nestlé avait déjà une unité de transformation au Mexique qui a une capacité de 1,15 Ms de café vert. Le Mexique, quant à lui, ne produit que 3,84 Ms, essentiellement de l’Arabica. En réalité, note Reuters, le Mexique a fortement augmenté ses importations de café du Brésil ces dernières années, passant de 62 000 sacs en 2017 à 920 000 sacs en 2021dont 85% du Robusta.

http://www.commodafrica.com/29-07-2022-la-chronique-matieres-premieres-agricoles-au-29-juillet-2022