La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

Chronique des Matières Premières du 29 aout au 04 septembre 2022

CACAO

En un mois, le cacao a pris 8,6% en valeur sur le marché de Londres mais a baissé d’environ 1% sur celui de New York. En effet, parti début août de £ 1 716 (≃1 302 993 Fcfa), la tonne sur l’échéance septembre sur le marché londonien, il était vendredi dernier à £ 1 847 (≃1 402 464 Fcfa) sur l’échéance décembre et à £ 1 864 (≃1 415 372  Fcfa) mercredi soir ; la faiblesse de la livre sterling a incité les acteurs à acheter sur Londres, soutenant ainsi les cours qui ont grimpé mercredi à leurs plus hauts niveaux depuis 10 mois et demi. Toutefois, le marché semble actuellement suracheté techniquement. En revanche, à New York, la tonne est passée de $ 2 390 (≃1 576 587 Fcfa) le 1er août à $ 2 413 (≃1 591 760 Fcfa) vendredi dernier mais est tombé à $ 2 368 (≃1 562 074 Fcfa) hier soir.

Un marché qui devrait encore grimper si l’on en croit les prévisions publiées hier par l’Organisation internationale du cacao. D’un déficit estimé auparavant à 174 000 tonnes (t), l’ICCO considère maintenant qu’il serait plutôt de l’ordre de 230 000 t, essentiellement en raison de la faible performance du Ghana dont la production chuterait à 689 000 t contre les 800 000 t initialement attendues. Les prévisions de production au Cameroun ont été révisées à la hausse à 290 000 t contre les 280 000 t avancées précédemment tandis que le Brésil serait à 220 000 t contre 210 000 t annoncées auparavant et le Pérou à 160 000 t contre 150 000 t. Cependant, ces hausses attendues ne compensent pas la baisse au Ghana. Quant à la Côte d’Ivoire, l’ICCO maintient sa prévision de 2,2 Mt.

La demande mondiale devrait rebondir en 2022, a déclaré à Reuters le patron de l’ICCO, Michel Arrion, en marge d’une conférence cacao à Singapour. Dans son rapport, l’ICCO a révisé à la hausse de 23 000 t ses estimations précédentes, à 5,07 Mt et ce, malgré la hausse de prix de tous les intrants et des différents coûts tout le long de la filière. Michel Arrion indique que les broyages de fèves en Asie au second trimestre étaient plus élevés qu’avant la pandémie et ceux en Europe avaient retrouvé leurs niveaux d’avant la Covid. Rappelons que les broyages asiatiques ont grimpé de 3,6% par rapport à un an avant, à 228 895 t et ceux en Europe de 2% à 364 895 t.

En Afrique de l’Ouest, des précipitations proches voire supérieures à la normale ont touché la ceinture de cacao de l’Afrique de l’Ouest au cours de la semaine écoulée, indique Refinitiv Commodities Research. Ceci est excellent pour le développement de la cacaoculture et laisse penser que la récolte sera précoce : elle pourrait démarrer début à mi-septembre et prendre son envol en octobre, le démarrage officiel de la campagne 2022/23 étant habituellement le 1er octobre. Les précipitations totales sur 7 jours ont été de 15 à 30 mm plus humides que la normale le long de la plupart des régions cacaoyères de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Les pluies d’arrière-saison ont été bénéfiques pour les cultures de cacao en Afrique de l’Ouest. Pour les jours à venir, un temps plus humide se déplacera en Afrique de l’Ouest et pourrait persister dans un avenir prévisible.

Les précipitations totales sur 10 jours seront de 25 à 75 mm plus humides que la normale le long des régions cacaoyères de la Côte d’Ivoire et du Ghana, avec les conditions les plus humides au Ghana. Au-delà de 10 jours, il n’y a pas de fin en vue des fortes pluies sur la ceinture du cacao ce qui pourrait ralentir le démarrage des opérations de récolte fin septembre début octobre.

Depuis le 1er octobre et au 28 août, les arrivages aux ports ivoiriens ont atteint 2,062 Mt, en baisse de 4% par rapport à la même période la campagne précédente. Côté entreprises, la société française de négoce Touton, basé à Bordeaux et très implanté en Afrique de l’Ouest, a annoncé hier plusieurs nominations dont Antoine Delsart comme directeur du département cacao, Eric Guimberteau directeur général adjoint du groupe et Joseph Larrose également directeur général adjoint en charge de la durabilité, de la chaîne d’approvisionnement, de l’innovation et de la communication.

CAFE

Après avoir atteint la semaine dernière un niveau de prix au plus haut depuis six mois, à $ 2,4295 (≃1 602 Fcfa), la livre (lb) d’Arabica cotée à New York a clôturé hier soir à $ 2,3495 (≃1 549 Fcfa); le 1er août, l’Arabica était à $ 2,1910 (≃1 445 Fcfa) la livre sur septembre après avoir perdu 7% de sa valeur sur le mois de juillet. Quant au Robusta, l’échéance novembre a clôturé mercredi soir à $ 2 242 (≃1 478 957 Fcfa) la tonne contre $ 2 044 (≃1 348 345 Fcfa) la tonne sur l’échéance septembre au 1er août.

Depuis la mi-juillet, le Robusta a gagné 20% en valeur à l’export car les stocks au Vietnam se réduisent comme peau de chagrin et les perspectives de prochaines récoltes ne sont pas bonnes, indique Commerzbank dans une note publiée en fin de semaine dernière. Cependant, de récentes pluies au Vietnam devraient quelque peu améliorer les perspectives caféières sur 2022/23 mais elles ne devraient pas être suffisantes pour réparer le dommage causé par le temps très sec récemment.

Au Brésil, le temps continue aussi d’être sec dans les régions de caféiculture, ce qui pourrait impacter le bon développement des cerises après une floraison précoce par endroits.

Côté Asie, l’Indonésie a exporté 16 863 t de café Robusta en juillet, en hausse de 19,8% par rapport à juillet 2021, selon les statistiques commerciales locales. Les marchés au Vietnam sont fermés aujourd’hui comme hier.

Aux Etats-Unis, les stocks certifiés du marché à terme ICE se renflouent, terminant le mois avec 671 994 sacs d’Arabica après avoir touché un plus bas en 23 ans le 15 août dernier à 571 580 sacs.

http://www.commodafrica.com/02-09-2022-la-chronique-matieres-premieres-agricoles-au-1er-septembre-2022