La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

Chroniques des matières matières du 20 octobre 2022

CACAO

Alors que les géants du cacao -producteurs et industriels- croisent le fer et que nombre de consommateurs traditionnels trouvent mois de réconfort dans le chocolat en ces périodes déprimantes, les cours du cacao sur les marchés à termes ne peuvent être autrement qu’en petite forme. Sur l’échéance mars à Londres, la tonne est passée de £ 1 929 (≃1 475 415 Fcfa) vendredi dernier à £ 1 901 (≃1 453 999 Fcfa) hier soir, tandis qu’à New York, sur l’échéance décembre, elle est passée de $ 2 377 (≃1 603 928 Fcfa) à $ 2 328 (≃1 570 865 Fcfa).

La Côte d‘Ivoire et le Ghana haussent le ton face à l’industrie mondiale du chocolat en annonçant ce matin qu’ils joueront la politique de la chaise vide à la conférence mondiale organisée par la World Cocoa Conference la semaine prochaine à Bruxelles. En effet, les deux premiers pays producteurs de cacao, qui représentent plus de 60% de l’offre mondiale, ne parviendraient pas à faire relever le niveau du différentiel d’origine -la prime pays- pour les contrats de la campagne 2023/24, différentiel sur lequel jouent les grandes industries du chocolat pour compenser les $ 400 la tonne de différentiel de revenu décent imposé à l’export des deux pays ces deux dernières campagnes. Le bras de fer est engagé avec sans doute une intensification des négociations d’ici mercredi prochain, ouverture de la conférence.

Autre facteur de morosité, la publication hier soir des chiffres de broyages de fèves en Amérique du Nord. Traditionnellement, ces chiffres sont utilisés comme baromètre de la consommation alors que, comme chacun sait, un broyage aux Etats-Unis ne correspond pas nécessairement avec une consommation de chocolat aux Etats-Unis. Ceci dit, pour l’heure, c’est la seule mesure de la consommation dont nous disposons. Or, ces broyages nord-américains sont en baisse de 3,37% au troisième trimestre par rapport à la même période l’année dernière. En revanche, on salue aujourd’hui l’annonce du bond des broyages asiatiques qui frisent les 10 % sur ce même troisième trimestre. On salue aussi -surtout…- la vraie performance de la Côte d’Ivoire dont les volumes broyés atteignent 171 000 t à elle toute seule, avec une progression de plus de 10% par rapport au troisième trimestre 2021.

En Côte d’Ivoire, sur la première quinzaine de la nouvelle campagne 2022/23, les arrivages aux ports d’Abidjan et de San Pedro ont totalisé 106 000 t, estiment les exportateurs, soit une chute de 43% par rapport aux volumes sur la même période il y a un an. Dans les zones de production, des pluies supérieures à la moyenne avec un bon ensoleillement devraient permettre d’améliorer la qualité des fèves et de prolonger la période de la campagne principale qui court d’octobre à fin mars. Rappelons que la saison des pluies en Afrique de l’Ouest va d’avril à mi-novembre. Autre bonne nouvelle, grâce à cet ensoleillement, les cas de maladie de pourriture noire régressent dans plusieurs zones de production.

CAFE

Pour la deuxième semaine consécutive, le café perd du terrain. Partie de $ 1,967 (≃1 327 Fcfa) sur décembre, la livre (lb) d’Arabica cotée à New York a clôturé hier soir à $ 1,9105 (≃1 289 Fcfa), tandis que le Robusta à Londres, sur l’échéance janvier, passait de $ 2 051 (≃1 383 953 Fcfa) à $ 2 041 (≃1 377 206 Fcfa)  la tonne sur janvier.

Rien d‘étonnant lorsqu’on regarde le ciel au Brésil : la pluie fait fleurir les caféiers, des pluies qui devraient persister la semaine prochaine. En Colombie, en Amérique centrale, au Mexique, la météo est également très bonne pour l’évolution des caféiers.

« Nous sommes neutre à neutre-haussier sur l’Arabica sur les prochains 6 à 12 mois sur l’Arabica car l’approvisionnement s’améliore en raison de la météo optimale au Brésil et de la hausse des exportations de fèves, tandis que les chances de récession augmentent ce qui pourrait détruire la demande », lit-on dans une note de marché de la Citi.

En effet, depuis le début du mois d’octobre, les expéditions quotidiennes de café vert du Brésil se sont élevées en moyenne à 10 570 t contre 9 440 t en octobre 2021, selon les statistiques gouvernementales.

Côté Robusta, en Asie, les transactions en physique sont quasi nulles. Au Vietnam, la nouvelle récolte n’est pas encore sur le marché -il faudra attendre fin novembre- et en Indonésie, il n’y a quasiment plus de grains de café destinés à l’export. La décote pour du café livrable sur le contrat de novembre était de $ 10 cette semaine contre $ 50 la semaine dernière. Un autre tarder, interrogé par Reuters, a même évoqué une prime de $ 70 sur des contrats novembre et décembre alors que le café était en décote de $ 30 à $ 40 la semaine dernière.

Aux Etats-Unis, pour la première fois depuis le mois de mars, les stocks certifiés de café vert ont chuté de 71 608 sacs à fin septembre par rapport à septembre 2021, pour totaliser 6,37 millions de sacs de 60 kg (Ms). Fin septembre 2021, ces stocks étaient un peu moins volumineux, à 6,02 Ms.

http://www.commodafrica.com/21-10-2022-la-chronique-matieres-premieres-agricoles-au-20-octobre-2022