La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

Chroniques des matières premières du 18 au 24 juillet 2022

CACAO

La fève glisse… Partie vendredi dernier de $ 2 321 (≃1 488 921 Fcfa) à New York sur l’échéance
septembre, la tonne de cacao a terminé hier soir à $ 2 304 (≃1 478 016 Fcfa), tandis qu’à Londres elle régressait de £ 1 720 (≃1 324 830 Fcfa) à £ 1 714 (≃1 320 208 Fcfa).
Le marché hier était dans l’expectative des chiffres de broyages nord-américains qui devaient ou non refléter si la fragilité économique mondiale actuelle impacterait ou non la consommation. La conclusion a été rude. En effet, après l’annonce la semaine dernière de la très légère hausse de 2% des broyages européens (Lire : Les broyages en Europe au 2nd trimestre ont été ternes), l’industrie de la confiserie regroupant les broyages des Etats-Unis, du Canada et du Mexique, a annoncé hier une chute de 6,29% sur le second trimestre 2022 par rapport à la même période en 2021. L’Asie dépasse allègrement l’Amérique du Nord dans ses performances cacaoyères avec une progression de 3,6% sur ce même deuxième trimestre, avec 228,895 t, annonce aujourd’hui la Cocoa Association of Asia. L’année dernière, à pareille époque, la hausse avait été de 8,98% à cause de l’effet Covid sur 2020 (Lire : Chute de 6,29% des broyages de cacao en Amérique du Nord mais + 3,6% en Asie).
Côté production, les cacaoyers se développent bien en Côte d’Ivoire, avec de bonnes pluies ces
derniers jours. Ceci est de bon augure pour la prochaine campagne mais on mesure mal l’impact sur les rendements d’un recours moindre aux engrais et intrants divers par les cacaoculteurs.
Quant aux arrivages chez le leader mondial de la fève, ils ont totalisé 1,998 Mt entre le 1er octobre et le 17 juillet, selon les exportateurs.
Côté entreprise, le suisse Barry Callebaut a enregistré une progression de 7,9% du volume de ses ventes, à 1 751 422 tonnes (t), au cours des neuf premiers mois de l’exercice 2021/22, jusqu’au 31 mai 2022. Son chiffre d’affaires est en hausse de +15,1 % en monnaies locales et atteint 6 075,8 millions de francs suisses (Lire: Serein sur l’offre en cacao, Barry Callebaut affiche +15% sur son CA et mise sur l’Equateur). A noter que Barry Callebaut a suspendu son activité dans son usine de Wieze en Belgique -la plus grande usine de fabrication de chocolat au monde- après des cas de salmonelle. Elle devrait rouvrir début août après un grand nettoyage et revenir à son rendement normal les semaines suivantes, a annoncé le groupe.

CAFE

Le café se remet de sa mauvaise passe en fin de semaine dernière. En effet, partie vendredi dernier de $ 1,998 (≃1 282 Fcfa), après avoir touché un plus bas en neuf mois à $ 1,9495 (≃1 250 Fcfa), la livre (lb) d’Arabica à New York a clôturé hier soir au-dessus des $ 2, à 2,1585 (≃1 385 Fcfa). A Londres, le café Robusta sur l’échéance septembre également, a terminé la période sous revue à $ 1 987(≃1 274 660 Fcfa) la tonne contre $ 1 923 (≃1 233 604 Fcfa) vendredi dernier, journée noire qui avait vu le Robusta tomber à son plus bas en un an à $ 1 914 (≃1 227 831 Fcfa) soir. Un marché qui demeure soutenu par des stocks mondiaux en baisse. Les stocks certifiés de l’ICE sont à 712 817 sacs de 60 kg, soit une contraction de 28% sur le mois.
Au Brésil, la récolte continue à prendre de l’ampleur avec 66% de la superficie caféière déjà récoltée au 19 juillet, estime le consultant spécialisé Safras & Mercado. Ceci dit, fait-il remarquer, on est en dessous de la moyenne des 73% de ces dernières années et, apparemment, les caféiculteurs prennent leur temps pour commercialiser leur marchandise car les cours élevés actuels leur donnent une bonne assise financière et ils préfèrent bien travailler leur café et vendre au moment de leur choix plutôt que se hâter à moindre prix.
Mais les avis divergent quant aux rendements. De ce fait, les pronostics pour la récolte 2022/23 en cours continuent de largement diverger. Safras l’estime à 61,1 Ms alors que le gouvernement brésilien la voit à 53,4 Ms, HedgePoint à 60 Ms, le Département américain de l’Agriculture à 64,3 Ms et Rabobank à 64,5 Ms.
Côté Asie et Robusta, les planteurs au Vietnam ont vendu le peu de café qui leur reste entre 44 000 et 44 500 dongs ($ 1,88-1,90) le kilo cette semaine, mais les transactions ont été très faibles. D’ailleurs, les exportations sur la première moitié de juillet ont totalisé 58 365 t contre 67 580 t durant la deuxième quinzaine de juin.
En Indonésie, dans la province de Lampung, la décote sur Londres s’est située de $ 60 à $ 140 sur l’échéance septembre contre $ 90 à $ 150 la semaine dernière.
En Ouganda, les exportations en juin ont baissé de 14,2% par rapport à juin 2021 à cause de la
sécheresse, à 530 365 sacs de 60 kg, a indiqué hier Uganda Coffee Development Authority (UCDA).
Le plus important exportateur africain de café, toutes variétés confondues, a dégagé $ 862 millions en recettes sur sa campagne 2021/22 (juillet/juin), en hausse de 54% par rapport à la campagne précédente.
En Indonésie, le Robusta de Sumatra s’est vendu cette semaine avec une décote de $ 140 à $ 150 par rapport au contrat sur juillet, d’autres vendant avec une décote de $ 220 sur le contrat de septembre. « Les volumes de café provenant de Bandar Lampung ont commencé à baisser », explique à Reuters un trader.

http://www.commodafrica.com/22-07-2022-la-chronique-matieres-premieres-agricoles-au-21-juillet-2022