La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

Chroniques des matières premières du 23 septembre 2022

CACAO

Cette semaine écoulée, la performance de la fève à Londres a contrasté avec celle à New York. Ainsi, la tonne est passée de £ 1 846 (≃1 385 847 FCFA) vendredi dernier à £ 1 861  (1 397 108 FCFA) hier soir à la clôture sur l’échéance décembre, alors que New York glissait de $ 2 343 (1 562 968 FCFA) à $ 2 321 (1 548 292 FCFA).

En Côte d’Ivoire, les planteurs s’inquiètent des fortes pluies qui s’abattent sur les zones de production, des pluies plus importantes que la moyenne de ces dernières années, qui pourraient abîmer et surtout provoquer des maladies. Rappelons que la saison des pluies court d’avril à mi-novembre. Actuellement, des planteurs vendent à FCFA 750 le kilo de fèves, soit en-deçà du prix de garanti de FCFA 850, rapporte Reuters. Les arrivages aux deux ports d’Abidjan et de San Pedro entre les 12 et 18 septembre, ont porté sur des volumes similaires à l’année dernière à pareille époque, soit 5 000 t pour le premier et 6 000 t sur le second. Depuis le démarrage de la campagne 2021/22, au 1er octobre, jusqu’au 18 septembre, les arrivages tous ports confondus ont totalisé 2,095 millions de tonnes (Mt), en baisse de 4,1% par rapport à la même période la campagne dernière, selon les estimations des exportateurs. La filière regarde avec attention la situation financière du Ghana qui risque d’impacter toutes les filières économiques dont celle du cacao.

La production de chocolat au Brésil, cinquième marché mondial, a augmenté de 11,43% au premier semestre 2022 par rapport à la même période un an plus tôt, à 370 000 t, a déclaré hier le groupe industriel Abicap sur la base des chiffres du cabinet de conseil KPMG. Pour le président d’Abicap, Ubiracy Fonseca, c’est un signe de reprise de l’industrie après la pandémie de coronavirus. Il a également déclaré que la diversification de la gamme de produits avait aidé les entreprises à augmenter leurs ventes. L’AIPC, un autre groupe industriel qui représente les transformateurs de cacao, estime que les broyages de cacao brésiliens ont augmenté de 8,4 % en août pour atteindre 19 693 tonnes.

Côté Russie, Euclid annonce ce matin que 2 100 t de cacao ont passé l’inspection phytosanitaire de la Direction interrégionale du Nord-Ouest du Rosselkhoznadzor dans le port de Saint-Pétersbourg, ces fèves étant ensuite acheminées vers leur destinataire, une usine de confiserie dont le nom n’a pas été précisé.

CAFE

Il court, il court le café ! Parti de $ 2,1460 (≃1 431 FCFA) la livre (lb) sur l’échéance décembre vendredi dernier, l’Arabica a clôturé hier soir à New York à $ 2,2355 (≃1 491 FCFA), tandis que le tonne de Robusta à Londres évoluait de $ 2 182 (1 455 568 FCFA) à $ 2 238 (1 492 925 FCFA) sur l’échéance novembre.

Pourtant, la situation météorologique au Brésil s’améliore. Rabobank indique que le pays devrait connaitre une bonne pluviométrie ces deux prochaines semaines avec le retour de pluies plus régulières après, ce qui favoriserait le développement des caféiers en vue de la prochaine récolte 2023/24.

En attendant, 2022 a beaucoup souffert des conditions climatiques. L’agence étatique brésilienne CONAB a abaissé ses estimations de récolte sur cette année 2022 alors que la récolte s’achève. Elle devrait totaliser 50,38 millions de sacs de 60 kg (Ms), soit 5,6% de plus que la campagne précédente mais en nette baisse par rapport à la précédente estimation de CONAB qui était de 53,43 Ms. La production d’Arabica serait de 32,41 Ms (35,71 Ms estimés en avril) et de 18 Ms de Robusta (« conillon ») ce qui serait un record, en hausse de 10,5% sur 2021 ; la récolte de Robusta avait été estimée à 17,71 Ms en mai. Rappelons que la production avait atteint un record de 63,08 Ms en 2020, dernière année « haute » du cycle biennal du caféier au Brésil.

Sur le segment du Robusta, l’activité est très faible. Le n°1 mondiale, le Vietnam, se prépare à sa nouvelle campagne et n’a quasiment plus de volumes, tandis que Indonésie est en fin de récolte.  Les quelques grains encore commercialisés dans les Central Highlands vietnamiens se sont vendus cette semaine entre 46 900 et 47 200 dongs ($ 1,98-1,99), en baisse par rapport aux 47 000-48 200 dongs de la semaine dernière. La décote à l’export pour du Grade 2, 5% brisures et grains noirs, a été de $ 200 à $ 250 la tonne par rapport au contrat de novembre.

En Indonésie, les décotes ont varié entre $ 50 et $ 140 par rapport aux contrats sur octobre et novembre. « Les volumes de grains ont commencé à baisser au fur et à mesure que la récolte s’achève, tandis que des acheteurs locaux continuent d’essayer d’acheter davantage de café », explique un trader dans la province de Lampung.

En Ouganda, les exportations ont chuté de 28,5% en août par rapport à août 2021, à 501 054 sacs de 60 kg, en raison de la sécheresse qui a très fortement impacté les rendements, a expliqué mercredi la Uganda Coffee Development Authority (UCDA).

http://www.commodafrica.com/23-09-2022-la-chronique-matieres-premieres-agricoles-au-22-septembre-2022