La chronique des

MATIERES PREMIERES

De benedicte châtel

Chroniques des matières premières du 28 février 2022

CACAO

Le cacao à Londres a, en définitive, très légèrement progressé sur la période sous revue, passant de £ 1 732 (≃1 360 434 Fcfa) la tonne (t) vendredi dernier à £ 1 734 (≃1 362 004 Fcfa)  à la clôture mercredi 23 février, tandis que New York glissait de $ 2 640 (≃1 550 208 Fcfa) à $ 2 616 (≃1 536 115 Fcfa) la tonne aussi, tous deux sur les échéances mai.

Un marché qui, comme tous les autres, d’une part s’inquiète des répercussions d’une guerre sur la demande et la croissance mondiale, à quoi s’ajoutent quelques ventes spéculatives dernièrement de la part de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Mais, revers de la médaille et facteur haussier, la sécheresse en Afrique de l’Ouest pourrait impacter les volumes de la récolte intermédiaire. On a noté quelques achats d’industriels.

En Côte d’Ivoire, des pluies sont tombées mais trop faibles par rapport aux besoins. A noter que des responsables de coopératives ont indiqué à Reuters que depuis deux semaines, les achats de fèves avaient ralenti et qu’il semblerait que les déchargements au port d’Abidjan aussi. Ceci dit, du 1er octobre au 20 février, les arrivages aux ports d’Abidjan et de San Pedro auraient totalisé 1,528 Mt, selon les exportateurs, en hausse de 3,7% par rapport à la même période la campagne dernière.

Selon un sondage réalisé par Reuters auprès de huit analystes et courtiers, le déficit sur la campagne 2021/22 serait plus élevé que prévu initialement et donc les prix devraient augmenter. L’estimation médiane du déficit est maintenant de 150 000 t contre 125 000 t lors du précédent sondage. Par conséquent, ces mêmes personnes interrogées voient le prix du cacao à New York atteindre $ 2 800 la tonne à la fin de la campagne, soit 5,4% de plus que les cours actuels, et à £ 1 875 à Londres, soit 8,7% de plus que maintenant. Ces analystes se fondent sur un Harmattan en Afrique de l’Ouest qui devrait impacter la récolte intermédiaire ainsi qu’une production d’ores et déjà moindre au Ghana et une demande mondiale attendue en hausse.

A noter que les broyages au Brésil ont fait un bond de 19% sur le mois de janvier par rapport à début 2021, transformant 24 164 tonnes (t) de fèves, indique le groupe industriel AIPC qui explique ceci par le redressement de la demande nationale pour du chocolat et autres confiseries après la chute durant la pandémie. Mais ceci n’explique pas tout. En effet, indique toujours l‘AIPC, de petites unités de broyages, non consultées auparavant, ont été ajoutées aux sondés. Ceci dit, la réalité d’un dynamisme de la filière demeure avec des arrivages de cacao qui ont augmenté de 113% en janvier par rapport à janvier 2021, à 11 791 t grâce à une meilleure récolte cette année dans le pays.

Côté entreprise, le géant américain Mondelez International a déclaré mercredi fermer son unité de production en Ukraine car la situation devenait « trop dangereuse », a indiqué son directeur général Dirk Van de Put. Les évènements le soir même lui ont donné raison…

CAFÉ

Le café ne va pas fort cette semaine… La livre (lb) d’Arabica cotée à New York est passée de $ 2,46 (≃1 444 Fcfa) la livre (lb) vendredi dernier à $ 2,379 (≃1 396 Fcfa) à la clôture mercredi 23 février, tandis que la tonne de Robusta à Londres glissait de $ 2 255 (≃1 324 136 Fcfa) à $ 2 179 (≃1 279 508 Fcfa) la tonne, tous les deux sur l’échéance mai. Un Arabica vulnérable en raison des importantes positions longues détenues par les fonds d’investissement. Cependant, les pertes devraient se limiter, indique un trader basé aux Etats-Unis et interrogé par Reuters. « Il faut garder à l’esprit qu’un conflit ne fait rien pour résoudre des pénuries d’inventaires ou pour faire repartir la récolte brésilienne. Mais les mouvements des spéculateurs peuvent, à eux seuls, créer de très sérieuses volatilités dans les prix », indique Ryan Delany de la Coffee Trading Academy.

En réalité, soulignent des négociants, le marché du café est coincé dans une fourchette étroite après avoir atteint le 10 février un pic de 10 ans. Mardi, les stocks certifiés d’Arabica sont tombés à 999 019 sacs ; c’est la première fois depuis au moins 22 ans qu’il descende en-dessous du million de tonnes. Et ce ne serait pas fini, selon les analystes de Rabobank qui, toutefois, indiquent que les pluies au Brésil pourraient booster les récoltes lors de la prochaine campagne.

La récolte 2022/23 au Brésil devrait atteindre 58,9 millions de sacs de 60 kg (Ms), selon le courtier Stonex, soit nettement plus que les 53,7 Ms que la récolte dernière. Toutefois, c’est un volume relativement faible pour une année « haute » dans le cycle végétal biennal du caféier. Lors de la dernière année « haute », le Brésil avait récolté 68 Ms ! Stonex estime que la production d’Arabica en 2022/23 sera de 38,3 Ms contre 33,7 Ms en 2021/22 et celle de Robusta 20,6 Ms soit seulement 600 000 sacs de plus que la précédente.

En Asie, les prix du café vert au Vietnam ont très légèrement fléchi sur un faible niveau de transactions en raison de la flambée des prix du pétrole qui s’ajoute aux coûts du fret qui demeurent très très élevés. Les producteurs dans les Central Highlands ont vendu leur kilo de grains entre 40 600 et 41 800 dongs ($1,78-$ 1,83), soit quasiment aux mêmes niveaux que la semaine dernière (40 500 à 42 000 dongs). Les traders ont proposé à l’export la tonne de Grade 2, 5% brisures et grains noirs, avec une décote de $ 330 à $ 340 sur le contrat juillet contre $ 360 la semaine dernière.

En Indonésie, les très faibles volumes de Robusta de Sumatra sont partis avec une décote de $ 170 sur les contrats mars et avril, jusqu’à -$ 200 sur mai, contre -$ 130 la semaine dernière. « Certains exportateurs ont vendu leurs stocks restant car la nouvelle récolte est attendue dans quelques mois », a indiqué l’un d’entre eux.

http://www.commodafrica.com/25-02-2022-la-chronique-matieres-premieres-agricoles-au-24-fevrier-2022