Marché du cacao : l’embellie des prix

Revue Marché du cacao : l’embellie des prix
Admin 27 Novembre 2019 Prix,Cacao,Cameroun,Venezuala,Café

Il était déjà à 1220 FCFA depuis le 28 octobre 2019, contre un minimum de 1050 FCFA. Les analystes les plus optimistes projettent même un prix moyen à 1500 FCFA, d’ici le mois de décembre 2019. Les producteurs de cacao au Cameroun semblent donc surfer sur une bonne vague. Selon les données du Système d’information des filières (SIF), les prix bord champs des fèves ont atteint un maximum de 1250 FCFA le kilogramme, le 21 novembre 2019, contre 1220 FCFA depuis le début du mois. Cette hausse de 30 FCFA enregistrée dans les bassins de production du pays survient à la fin de la saison des pluies. Elle annonce une embellie dans les ventes de fin d’année. Ces prix sont le reflet de la croissance de la demande, avec l’arrivée de nouveaux transformateurs dans le pays. Il en est ainsi de Neo Industry, qui a lancé ses activités dans la région de l’Ouest, ou encore d’Atlantic Cocoa, qui prépare le démarrage de ses activités dans la zone industrielle du port en eau profonde de Kribi, et ambitionne de broyer près de 40 000 tonnes par an.

La forte demande de fèves observée dans les bassins de production du Cameroun, laquelle pourrait s’accentuer au cours des prochaines semaines, selon les experts de la filière cacao, s’explique aussi par le difficile accès à la région du Sud-Ouest, important bassin de production, en proie en l’insécurité depuis 2016 en raison de la crise anglophone qui sévit au Cameroun. Au cours de la dernière campagne, cette situation a d’ailleurs fait perdre à cette région, son leadership dans la production cacaoyère, au profit du Centre. Malgré l’impraticabilité des routes, les acheteurs de cacao au Cameroun semblent s’etre hâtés dans les bassins de production, pour faire des stocks avant l’arrivée de la saison sèche, prévue à la mi-novembre 2019, période de l’année généralement marquée par une rude concurrence dans les achats de fèves.

Pour se mettre à l’abri d’une éventuelle flambée du prix des fèves du fait de la forte demande au cours de cette période, les acheteurs, en maintenant les prix moyens des fèves au-dessus de la barre de 1000 FCFA le kilogramme, donnent l’impression d’avoir de nouveau cassé leur tirelire ces derniers jours.

Source : ecomatin.net

Cocoa of Excellence : comme du bon vin

Cocoa of Excellence : comme du bon vin

Le programme «Cocoa of Excellence» a été lancé en 2009, afin d'encourager les producteurs de cacao à s'investir dans une véritable démarche de qualité durable et de faire reconnaitre leur savoir-faire,

« Le processus est complexe », confirme Brigitte Laliberté, coordinatrice du programme. Et la diversité génétique semble même contribuer à la qualité finale du chocolat. « Il y a l'exemple marquant du CCN51, une variété améliorée très robuste et produire bien plus que les autres, due à sa résistance aux maladies ravageuses, mais dont les qualités aromatiques ont été négligées. Elles peuvent toutefois être améliorées grâce à la mise en œuvre de méthodes de fermentation, de séchage ou encore de torréfaction optimales », raconte Brigitte Laliberté.

De manière générale, pour assurer la qualité d'un cacao, il faut d'abord récolter les cabosses au bon moment. « Lorsque le mucilage -- cette pulpe blanche qui enrobe les fèves -- est à la fois suffisamment sucré, mais aussi suffisamment abondant pour initier une fermentation », explique Kora Bernarbé, productrice de cacao à La Martinique et lauréate d'un International Cocoa Award en 2017. Car c'est au cours de la fermentation que vont se développer les précurseurs de l'arôme du cacao. L'étape est donc cruciale.

Pour déterminer la qualité d’une fève, il y a des qualités physiques, mesurables comme leur grosseur. Mais rien de tel que le goût du cacao.

Tout comme celle qui arrive plus tard, à l’étape du séchage des fèves, le taux d'humidité doit alors être abaissé de manière optimale. Avec pour objectif d'éviter la formation de moisissures d'une part et le développement d'une acidité préjudiciable à la qualité du cacao d'autre part. « Ces opérations sont sensibles à l'environnement et à la météo locale », explique Brigitte Laliberté. « Produire du cacao, c'est un peu comme produire du vin. Les conditions -- et avec elles potentiellement la qualité -- changent d'une année à l'autre. »

Comme c'est souvent le cas du vin, résultat d'un fin mélange de différentes variétés de raisins, le cacao aussi peut-être le fruit d'un mélange de fèves de variétés différentes. Ainsi du côté de La Martinique, on produit actuellement sept variétés dont les mélanges permettent tous d'obtenir des cacaos de qualité. « Du moment que les techniques sont maîtrisées », insiste Kora Bernarbé.

D'autant que, comme pour le vin, le terroir s'avère avoir son importance. « En fonction des environnements, certaines variétés se révèlent plus ou moins intéressantes », précise la productrice de cacao. Mais les subtilités de la relation qualité/terroir échappent encore aux producteurs. « Pour mieux les comprendre, il faudra sans doute réussir à mieux connecter producteurs de fèves et fabricants de chocolat », estime Régis Bouet. « Finalement la qualité d'un cacao se juge essentiellement à son goût. Et, des goûts et des couleurs... En France, nous recherchons plutôt des arômes de fruits rouges, acidulés, herbeux et floraux. Des cacaos longs en bouche. Ce n'est pas forcément le cas ailleurs », conclut le maître chocolatier.

Source : futura-sciences.com

Venezuela : 80% de la production de café perdue

Venezuela : 80% de la production de café perdue

À cause de l’hyperinflation, des pénuries multiples, la production du Venezuela ne devrait pas dépasser les 20 000 tonnes cette année, bien moins que la demande nationale, surtout sachant qu’une bonne partie est destinée à l’exportation.

Pour les producteurs de café vénézuéliens, c’est la chute libre. La production de l’un des meilleurs arabicas au monde, devrait chuter de 80% en 2019, prévoit Fedeagro, la Confédération des associations de producteurs agricoles au Venezuela.

Une baisse drastique de la production qui s’explique par deux facteurs principaux : d’abord les pénuries de produits fertilisants et de pesticides. Les plantations ont été dévorées par les insectes et les maladies. Ensuite, les problèmes classiques que traverse le Venezuela à cause de son hyperinflation, comme l’explique Diolegdy Páez, directrice de la branche café de Fedeagro. « La main-d’œuvre est devenue trop chère, explique-t-elle. Les infrastructures ne sont plus entretenues. Les coupures d’électricité et les pénuries d’essence nous ont particulièrement affectés : on en a besoin pour sécher et moudre le grain. Et aussi surtout pour la commercialisation du café. »

Le Venezuela va devoir augmenter énormément ses importations de café s’il veut satisfaire sa demande nationale : environ 220 000 tonnes par an, soit onze fois ce qui a été cueilli en 2019. Les prix vont donc augmenter, les pénuries aussi, et de nombreux foyers vénézuéliens vont devoir se passer de leur traditionnel café.

Fedeagro rappelle que cette crise concerne toute l’agriculture vénézuélienne. En dix ans, elle serait retombée à ses niveaux de 1960, et rien ne semble pouvoir arrêter sa chute.

Source : rfi.fr