Synthèse

CACAO-CAFE

Chroniques des matières premières du 04 au 09 septembre 2022

CACAO

Face à la perspective d’une belle récolte sur la campagne 2022/23 qui s’ouvrira début octobre, les cours mondiaux du cacao ont chuté cette semaine. A Londres, la tonne est passée de £ 1 882 (≃1 423 017 Fcfa) en fin de semaine dernière à £ 1 842 (≃1 392 773 Fcfa) hier sur l’échéance décembre, tandis que New York glissait de $ 2416 (≃1 575 207 Fcfa) à $ 2 328 (≃1 517 832 Fcfa).

Selon le négoce, les acheteurs industriels se trouvent dans une situation confortable, étant couverts sur 9 à 10 mois. Ils attendent une correction des prix avant de se repositionner à l’achat.

En Côte d’Ivoire, des pluies plus importantes que la moyenne de ces dernières années laissent augurer d’une récolte principale longue et de qualité avec un impact notamment sur son développement sur les mois de décembre à janvier, selon des producteurs interrogés par Reuters.

Quant aux arrivages de cacao aux ports d’Abidjan et de San Pedro, elles ont totalisé 2,072 Mt entre le 1er octobre 2021 et le 4 septembre dernier, en baisse de 4,1% par rapport à la même période la campagne dernière.

CAFE

Les cours de l’Arabica ont glissé sur la période sous revue, passant de $2,288 (≃1 491 Fcfa) vendredi dernier à $ 2,222 (≃1 448 Fcfa) hier sur l’échéance décembre. En revanche, le Robusta a gagné, clôturant hier soir à $ 2 276 (≃1 483 929 Fcfa) la tonne sur novembre contre $ 2 223 (≃1 449 373 Fcfa) en fin de semaine dernière.

Les stocks certifiés d’Arabica ont baissé, revenant à ses niveaux les plus faibles en 22 ans, à 635 196 sacs au 2 septembre.

Au Brésil, davantage de pluies sont attendues dans les régions de production du sud du pays, mais les conditions demeurent encore très sèches en raison du phénomène météorologique La Niña qui sévit actuellement. C’est pourquoi des traders interrogés par Reuters s’attendent à davantage de volatilité sur les marchés à terme de l’Arabica.

En Asie, sur le segment du Robusta, la région de production des Central highlands au Vietnam devrait recevoir encore de fortes pluies ce qui est plutôt bon à cette période de la campagne. En outre, les traders estiment que cela ne devrait pas retarder la récolte dont les premières livraisons de café en vrac devraient démarrer en novembre. La saison des pluies cesse habituellement début novembre. Il serait encore trop tôt pour évaluer la qualité de la récolte à venir.

Pour l’heure, les quelques très rares lots restants en cette fin de campagne ont été vendus entre 47 000 et 48 200 dongs le kilo ($ 2-2,05) par les planteurs vietnamiens, soit en baisse par rapport à la fourchette de 48 100 à 50 200 dongs enregistrés il y a deux semaines, selon Reuters.

Selon les statistiques officielles vietnamiennes, le pays aurait enregistré un bond de 14,7% de ses exportations de café sur les huit premiers mois de l’année, pour atteindre 1,2 million de tonnes (Mt) soit 20 millions de sacs de 60 kg (Ms). La progression des recettes est encore plus spectaculaire, de l’ordre de 39,6%, à $ 2,8 milliards sur cette même période de janvier à août.  

En Indonésie, les exportations de Robusta de Sumatra ont totalisé 16 863 t en juillet, en hausse de 19,8% sur juillet 2021, selon le service officiel des statistiques. La décote par rapport au marché de Londres a oscillé dans une fourchette allant de $ 70 à $140 sur octobre et novembre.

Au plan mondial, la banque néerlandaise spécialisée dans les matières premières, Rabobank, a totalement révisé ses prévisions sur 2022/23. Alors qu’elle estimait auparavant que la prochaine campagne serait excédentaire de 1,7 Ms, elle considère maintenant qu’elle serait déficitaire de 1,3 Ms. En effet, les prix élevés (+73,6% en 2021 et ils n’ont baissé que de 1,8% cette année, au plus haut en dix ans en début d’année) n’ont guère eu d’impact sur des pays producteurs majeurs comme le Brésil, la Colombie, le Honduras ou encore le Vietnam : la production mondiale en 2022/23 est donc attendue, selon Rabobank, à 169 Ms contre les 172,3 Ms estimés auparavant. Face à cela, la demande étant relativement inélastique, elle ne devrait guère baisser (du moins dans les marchés matures) en cas de récession mondiale. D’où le déficit important.

L’Organisation internationale du café (OIC) estime que le déficit en 2021/22 a été de 3,1 Ms avec une production à 167,2 Ms et une consommation à 170,3 Ms. Sur les 10 premiers mois de la campagne 2021/22 à juillet 2022, les exportations d’Afrique ont chuté de 13,1%, celles d’Amérique du sud de 8,5% et de 16,2% en Amérique centrale et au Mexique.

http://www.commodafrica.com/09-09-2022-la-chronique-matieres-premieres-agricoles-au-9-septembre-2022